‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 225 sur 255 · A DON LAURENT DE CÉPÉDA, A LA SERNA, PRÈS D'A Y IL A · texte numérisé non relu

A DON LAURENT DE CÉPÉDA, A LA SERNA, PRÈS D'A Y IL A

Deux dettes à don Laurent. Maladie du prieur des Chartreux de Séville.

JÉSUS

Que la grâce du Saint-Esprit soit avec vous !

Je vous ai écrit plusieurs fois, il y a peu de jours; je le ferais plus souvent encore, mais les messagers manquent. Comme je ne sais si cela me sera possible à Villeneuve, je vous envoie la présente. J'avais pensé que nous serions déjà parties; on ne tardera pas, il est vrai, à venir nous chercher; toutefois, il m'en coûtera de voyager en carême.

La prieure de Séville m'annonce qu'elle va vous payer, et je m'en réjouis. [Elle vous donnera sous peu environ quatre cents ducats, comme vous le verrez par le petit billet que je vous transmets. Ces lettres ayant tant de chemin à parcourir, je n'ai pas osé vous les envoyer

1. Ce post-scriptum n'avait jamais été publié; en voici le texte d'après l'autographe : Si fuere venido el padre Nicolao, rompa V. R. esa carta; bien la puede leer, si quiere; vías rov^ala luego.

2. Cette lettre renferme deux fragments qui sont traduits pour la première fois en français ; elle est augmentée de moitié.

toutes. J'en ai reçu de vous deux, où vous me demandiez de lui réclamer votre argent. Ma lettre vous sera arrivée là où je vous avais dit, avant que je ne lui écrivisse de nouveau. Je lui mandais que vous vous contenteriez même de la moitié de la somme, et que, supposé que vous la vissiez dans la nécessité, vous consentiriez à rester vous-même dans la gêne et à ne rien lui réclamer]. Je ne sais si votre argent n'était pas mieux à Séville. Vous prétendiez toujours que vous le vouliez pour bâtir une chapelle *, et vous ne ferez peut-être que le dépenser. Puisque vous le voulez pour Dieu, je supplie Sa Majesté de vous aider à tirer quelque profit de ces troupeaux dont vous me parlez.

Comme je vous l'ai dit dans mes lettres précédentes, ma santé est meilleure à Malagon qu'à Avila; néanmoins, j'ai toujours mes souffrances ordinaires.

[Le Père Nicolas ne tardera pas à se rendre à Pastrana. Ayez la bonté de lui écrire ; vous serez plus près de lui que moi. Dès que je le saurai arrivé à cette localité, je l'aviserai pour qu'on vous remette l'argent dont vous parlez. La prieure de Tolède est chargée de recouvrer votre argent de là-bas. Je lui écris maintenant pour lui recommander de vous l'envoyer aussitôt qu'elle l'aura reçu].

Les affaires de nos sœurs de Séville vont bien. La vieille dame qui est morte aux Indes leur a laissé en héritage huit cents ducats; on vient de les leur apporter maintenant3 La seule nouvelle que j'aie encore à vous annoncer, c'est que le prieur de Notre-Dame des Grottes est à toute extrémité par suite d'une chute qu'il a faite. Veuillez le recommander à Dieu, car nous avons de grandes obligations envers lui; il envoie de nombreuses

1. Don Laurent voulait bâtir à Avila une chapelle qui fût dédiée à Sainte Anne.

2, Le manuscrit est détérioré dans cet endroit et à la fin de la lettre.

LETTRE CCC. d580. 12 FÉVRIER 403

aumônes aux sœurs, et elles perdront beaucoup, le jour où il viendra à mourir. Plaise à Sa Majesté que vous gagniez dans votre solitude d'abondantes richesses pour l'éternité! Toutes les autres passent rapidement; cependant, comme vous savez si bien les employer, elles ne sont

pas mal entre vos mains Je vous présente mille fois

mes amitiés.

C'est aujourd'hui le de février.

Votre indigne servante,

Thérèse de Jésus.

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