‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 226 sur 255 · A DOÑA JEANNE DE AHUMADA, SA SŒUR, A ALBE DE TORMÈS · texte numérisé non relu

A DOÑA JEANNE DE AHUMADA, SA SŒUR, A ALBE DE TORMÈS

Patience dans les souffrances. Désir de la voir. JÉSUS !

Que le Saint-Esprit soit avec vous, ma sœur!

Si je cherchais mon contentement, j'aurais du travail, je vous l'assure, car nous vivons toujours bien éloignées l'une de l'autre. Mais comme nous sommes sur une terre étrangère, il nous faut prendre patience jusqu'à ce que Notre- Seigneur nous introduise dans ce séjour où nous nous verrons toute l'éternité.

1. Cette lettre paraît pour la première fois en français. Le Siglo Futuro l'a publiée le 15 octobre 1882, jour du 3e centenaire de la mort de la Sainte. Voir le texte à la fin de ce volume.

Il y a peu de temps, je vous ai écrit dans une lettre adressée à mon frère pour vous annoncer que je n'avais plus de fièvre, grâce à Dieu. J'avais envoyé la lettre à la Mère prieure de Médina. En vérité, j'ai bien souffert de ne pas trouver de messager à Malagon, afin de vous écrire quelquefois : cela m'a vivement chagrinée. D'après ce que m'a dit Monsieur le Licencié, qui me passe la lettre ciincluse, j'aurais pu le faire souvent en lui remettant à luimême mes lettres. Mais je ne le connaissais pas jusqu'à ce moment où je viens d'accepter une de ses belles-sœurs pour un de nos monastères. En tout cas, répondez-moi promptement; supposé que je ne sois plus ici, on m'expédiera votre lettre là où je serai.

Je partirai, Dieu aidant, le mercredi des Gendres; je m'arrêterai à Médina huit jours tout au plus, car je suis pressée. Je m'arrêterai aussi huit jours à Avila. Je serais très heureuse d'y passer au moins une journée en votre compagnie 1

1. Nous regrettons de ne pas avoir la lettre entière; nous aurions pu, peut-être, lui assigner une autre date que celle de 1580.

LETTltE CCCl. 1580. 12 FÉVRIER

LETTRE CGCI.

1580. 12 Février. Malauon.

AU PÈRE G HAT I EN, A MADRID

Départ pour la fondation de Villeneuve de la Xara. Le Père Antoine et son amitié pour la Sainte. Le bienfaiteur, Monsieur Vélasco. Projet de fondation à Madrid.

JÉSUS

Que la grâce du Saint-Esprit soit avec Votre Paternité, mon Père 1

Le Père Antoine et le Père prieur de la Roda sont arrivés aujourd'hui pour nous accompagner. Ils ont amené un carrosse et un chariot; d'après les nouvelles qu'ils apportent, la fondation réussira. Que Votre Paternité la recommande à Notre- Seigneur ! L'excellent Père Antoine ne peut pas nier son amour pour moi, puisque, malgré son grand âge, il est venu aujourd'hui. Je vous ai déjà dit pour quel motif je regrette de m'éloigner de Malagon. Ce Père est arrivé bien portant, il a même de l'embonpoint; nos Pères, d'ailleurs, me semblent avoir meilleure mine cette année, avec toutes leurs épreuves.

Veuillez dire à Monsieur Vélasco que j'ai reçu ses lettres, et que je voudrais y répondre ; en aurai-je le temps ? Je l'ignore, car je suis très occupée. Dieu veuille le récompenser de nous avoir obtenu la liberté de pouvoir nous entretenir avec Votre Paternité ! Toutes les sœurs et moi, nous le recommandons instamment à Notre-Seigneur. Je désirerais vivement faire la connaissance d'un homme à

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