Cfr. L. CCXCVIII, p
2. La Mère Marie des Martyrs, Cfr, L,, CCXCVt, p. 450, 3; Elvire de Saint-Ange.
LETTRE CCCUI. 1580. 3 AVRIL 473
Seigneur de faire tourner ces fondations à sa gloire ! Je vous souhaite d'être avec Lui. Je ne puis vous en dire davantage; j'ai peu de fièvre, il est vrai; mais je souffre beaucoup du cœur; ce ne sera rien probablement. Je supplie toutes vos filles de prier Dieu pour moi. La sœur Béatrix de Jésus va vous parler de l'état de la Mère Briande.
De Votre Révérence la servante.
Thérèse de Jésus.
[Nous sommes arrivées ici, notre Mère et moi, la veille des Rameaux. La Mère Rriande se trouvait tellement mal, elle avait tant craché de sang, qu'on voulait lui donner l'Extrême-Onction. En ce moment, elle est un peu mieux; mais elle crache encore du sang de temps en temps, et la fièvre ne la quitte pas. Cependant, elle peut se lever quelquefois. Voyez, ma Révérende Mère, ce qui fût arrivé si on l'avait reconduite à Malagon. Elle était perdue, et toutes les sœurs avec elle ; du moins, on aurait grandement souffert, vu la nécessité extrême du monastère.
Notre Mère a encore retiré de cette maison deux autres sœurs, et plaise à Dieu que ce soit suffisant ! Veuillez faire prier pour elle et pour moi, car j'en ai grand besoin. Que toute la Communauté recommande à Dieu l'élection du Général, afin qu'elle tourne à sa plus grande gloire.
J'ai trouvé ici le Père Gratien; il est bien portant. Je vous annonce que le fourneau nous dépensait cent réaux; il n'a rien valu ; nous l'avons enlevé ; loin d'être pour nous une économie, il nous occasionnait une dépense de bois plus considérable.
Veuillez charger quelqu'un de faire une visite de ma part au Père prieur de Notre-Dame des Grottes, et lui
présenter tous mes respects ; je ne puis lui écrire à cause de l'état où je suis. N'omettez point de prendre, à l'avenir, un peu plus souvent de ses nouvelles; sans cela, nous paraîtrions l'oublier, parce qu'il n'exerce plus la charge de prieur, qui lui permettait de nous envoyer des aumônes, et cela ne produirait pas bon effet 1j.
LETTRE GGGIV2.
1580. Vers Avril. Tolède.
au père gra tien, a malagon.
Vie retirée des Carmélites. Leurs entretiens avec les personnes du
dehors.
Si quelqu'un de nos Pères doit rester à Malagon,
veuillez lui recommander instamment d'avoir peu de rapports avec les sœurs. Considérez bien, mon Père, ce point; il est très important. Je voudrais même que Monsieur le Licencié3 n'en eût pas autant; quoique tout y soit édifiant, les gens mal intentionnés ont coutume de faire une foule de jugements défavorables sur ces actes de dévouement. Gela arrive "spécialement dans les petites localités comme Malagon; mais cela se voit aussi partout. Croyez-le, mon Père, moins les religieuses auront de ces communications très particulières, mieux ce sera, même pour la paix du monastère. Veuillez ne pas le perdre de vue; tel est mon désir