Sun beau-frère, qui résidait à Albe de Termes
cet ouvrier et Victoria; pour moi, j'avais toujours compris ([lie c'était ce dernier qui s'occupait de ce genre de travail. Plaise à Dieu que l'œuvre soit réussie ! Qu'il daigne, en outre, vous garder pour son service ! Amen. C'est aujourd'hui le 28 février.
Le Père Visiteur est en bonne santé. Mais voilà, dit-on, que le Père Tostado revient. Vraiment, nos démêlés sont de nature à nous donner une idée de ce qu'est le monde. Tout cela ne semble qu'une comédie. Aussi, je désire vivement voir enfin notre Père débarrassé de ces gens. Plaise au Seigneur d'y mettre la main, comme II le jugera nécessaire î
La prieure de ce monastère et toutes les sœurs vous présentent leurs respects. La prieure de Séville et celle de Salamanque sont pleines de sollicitude pour ma santé. Celle de Véas et celle de Caravaca ne le sont pas moins de leur côté, et m'ont envoyé ce qu'elles peuvent; enfin, elles montrent leur bonne volonté. Je voudrais être près de vous pour vous en donner la preuve, et, en outre, pour avoir le plaisir de vous envoyer quelques-uns de leurs présents. [Je viens de recevoir de Séville plusieurs aloses enveloppées de pâte1. Nous les avons trouvées excellentes, et cela m'a procuré d'autant plus de plaisir que la stérilité de ce pays de Tolède est extrême]. Ce qui me touche, c'est de voir avec quel bon cœur nos sœurs nous envoient quelque chose.
Votre indigne servante,
Thérèse de Jésus.
1. Voir cette expression dans la lettre du 2 janvier précédent.
LETTRE CLXVI. '1577. 28 FÉVRIER
LETTRE GLXV11.
1577. 28 Févbier. Tolède, a marie de saint- joseph, prieure a sé ville.
Elle lui fait des éloges sur son habileté, et la remercie de lui avoir envoyé des provisions et des reliquaires.
JÉSUS SOIT AVEC VOUS, MA FILLE I
L'indisposition dont j'ai souffert, et dont il est parlé dans le papier ci-joint, a été cause que je ne vous ai pas écrit plus souvent. J'attendais que mon mal fût passé pour ne point vous contrister, vous et vos filles, en vous parlant de mon état. Je suis beaucoup mieux, et cependant je ne puis encore écrire que très peu, sans quoi j'éprouve aussitôt une grande souffrance. Mais, grâce à Dieu, ma santé est incomparablement meilleure qu'elle n'était précédemment. Qu'il daigne Lui-même vous récompenser des bonnes nouvelles que vous me donnez ! car, je vous l'assure, ces nouvelles m'ont procuré le plus vif plaisir, au moins celle qui concerne la maison ; c'est un profond soulagement pour moi de vous voir enfin tranquille sur ce point. J'avais instamment demandé cette faveur à Dieu depuis mon arrivée à Tolède. Aussi, est-ce de très bon cœur que je vous envoie mes félicitations. Plaise à Sa Majesté d'exaucer ma prière ! Maintenant, avec la richesse, votre charge, la réussite complète de
1. Cette lettre contient un fragment très curieux traduit pour la première lois.
toutes vos entreprises, vous avez besoin d'un secours spécial pour garder l'humilité. Le Seigneur vous l'accorde, ce me semble, dans les grâces dont II vous favorise. Qu'il en soit béni à jamais ! Vous pouvez avoir l'assurance absolue que c'est Lui qui vous soutient.
Je voudrais posséder cette assurance pour la sœur Saint -Jérôme1. Cette femme me cause vraiment de la peine. Croyez-le, elle aurait dû être près de moi, ou du moins près d'une prieure qui lui inspirât de la crainte. Plaise à Dieu que le démon ne se serve pas d'elle pour nous créer quelque embarras ! Votre Révérence aura la bonté d'aviser la prieure2 de ne pas la laisser écrire un seul mot. Vous lui direz à elle-même, en attendant que je lui écrive, qu'à mon avis, elle se laisse guider par une forte mélancolie, ou par quelque chose de pire.
Je veux êlre courte aujourd'hui, car lundi prochain, le muletier partira et je vous écrirai alors tout au long. [Mais, grand Dieu ! que vous êtes donc puissante ! Vous avez ravi toutes les religieuses par votre envoi. Les provisions que vous nous avez expédiées étaient excellentes3 ; tout le reste était on ne peut plus joli, les reliquaires surtout. Le grand sera mieux pour doña Louise que pour nous. Le verre du milieu est arrivé brisé; mais nous l'avons très bien remplacé par un autre; et nous avons redressé le pied avec une tige de fer]. Je vous raconterai tout cela plus en détail le jour dont j'ai parlé. Demeurez avec Dieu.
C'est un vrai chagrin pour moi que notre Père ait voulu nous disculper de toutes les accusations portées