‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 28 sur 255 · Celle de Paterna · texte numérisé non relu

Celle de Paterna

3. Elle veut parler sans doute des aloses dont il est question à la fin de la lettre précédente.

LETTRE CLXVI 1577. 28 FÉVRIER 71

contre nous, et en particulier, de tous ces propos si infâmes. Tout cela n'est que folie. Le mieux est d'en rire et de laisser dire. Pour moi, je m'en réjouis sous un certain l'apport.

Je suis très heureuse de vous savoir bien portante. Plaise à Dieu de vous garder à mon affection! Amen. Qu'il veille également sur toutes les sœurs! Priez-Le pour moi, vous et vos filles.

Dans l'espoir que cette lettre vous arrivera avant toute autre, je n'ai pas voulu manquer l'occasion de vous écrire par ce courrier. J'écrirai sous peu à la Mère sous-prieure, car je ris de ses lamentations. La Mère prieure de Malagon est très mal.

C'est aujourd'hui le dernier jour de février.

L'indigne servante de Votre Révérence,

Thérèse de JÉsrs.

J ai reçu depuis plusieurs jours la réponse de la mère de notre Père : je vous l'enverrai lundi. Elle m'a écrit pour me dire tout le plaisir que vous lui aviez procuré.

1577. 2 Mars. Tolède, a marie de saint- joseph, prieure a se ville.

Elle la remercie de lui avoir envoyé un reliquaire, une timbale, des parfums et de l'eau de fleur d'orange. Novice aux lingots d'or. Oraison des sœurs. Les confessions. La sœur Saint-François. Envoi de verrous et de crucifix. Coings de Tolède. Réponses à une parole entendue par la Sainte dans l'oraison. Vertu de don Laurent.

JÉSUS

Que la grâce du Suint-Esprit soit avec Votre Révérence, ma fille î

Après toutes les bonnes nouvelles et les beaux présents que vous m'envoyez, il serait juste de vous écrire longuement. Au moins, ce serait une grande joie pour moi; mais je vous ai déjà écrit hier; d'ailleurs, les nombreuses lettres que j'ai dû expédier cet hiver m'ont fatigué la tête et rendue très malade ; je suis beaucoup mieux, il est vrai; toutefois, je me trouve encore condamnée à n'écrire presque jamais de ma m.un. Gel », m'assure- t-on, est nécessaire pour arriver à une guérison complète.

[Oh î quel plaisir m'ont causé ces objets si jolis que vous m'avez envoyés pour l'administrateur ! Vous ne sauriez croire comme ce bienfaiteur se dévoue pour nos soeurs de Malagon et pour moi. Ne vous imaginez pas qu'il lui en coûtrj peu cb mener à bonne fin les travaux, quand à tout

1. Cette lettre contient cinq fragments traduits en français pour la piviniere fois,

instant surgissent mille difficultés avec les ouvriers. Je lui ai donné le petit reliquaire, qui est très beau; mais le grand l'est davantage encore, surtout depuis la réparation que nous y avons faite ; le verre était brisé, comme je vous l'ai écrit ; nous en avons mis un très bon. Le pied était tordu, nous Ta vous redressé et consolidé avec une tige en fer. Ces objets devraient toujours être ainsi.

Je lui ai donné, en outre, le petit gobelet, je veux dire la petite timbale; c'est la plus jolie que j'aie jamais vue. Bien que ce monsieur porte un habit de serge, je ne vois pas tant de mal, croyez-le, à ce qu'il boive dans une si belle coupe. Je lui ai présenté encore le flacon de parfums que vous avez envoyé. Et il en a fait le plus grand cas. C'est, d'ailleurs, un homme de distinction. Enfin, de Séville vous venez en aide à votre monastère de Malagon1. On ne voulait pas me laisser lui remettre l'eau de fleur d'orange, parce qu'elle rend la vie à la Mère prieure et m'est très utile à moi-même, et qu'il n'y en avait pas d'autre. Demandez-en un peu de ma part à la Mère de la Portugaise, et nous l'envoyez par charité; c'est à cette condition que j'ai donné celle-ci.

Oh ! que je suis heureuse que vous ayez payé une partie de votre monastère ! Cependant, jusqu'au jour où cette novice aura fait profession, nous ne devrions pas nous laisser aller à tant de joie2. A la vérité, si cela ne devait pas avoir lieu, Dieu vous viendrait en aide d'une autre manière. Que toute la Communauté Le supplie de m'enlever mon mal de tète. Je vous ai mandé par le courrier d'aujourd'hui le récit abrégé de ce qui l'a, du moins en partie, occasionné].

1. C'est de Malagon que Marie de Saint- Joseph était parlie pour la fondation de Séville, où elle était alors prieure.

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