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iUO LETTRES ))Ë SAINTE THÉRÈSE
se recommande instamment à vos prières. Je ne sais s'il pourra vous écrire : je veux parler de mon frère Laurent. Sa santé est bonne, grâce à Dieu. Il se rend à Madrid pour ses affaires. Oh! quelle peine vos travaux lui ont causée! Je vous l'assure, oui, en vérité, Dieu vous veut très sainte. Courage donc ! Après ce temps, il en viendra un autre où vous vous réjouirez d'avoir souffert.
Quant à l'entrée de cette petite esclave dont vous me parlez, n'y mettez pas d'obstacle1. Au début des fondations, on passe par-dessus beaucoup de choses qu'on ne doit pas faire plus tard. Vous n'avez pas à traiter de perfection avec elle; il suffit qu'elle serve bien les sœurs; d'ailleurs, cela importe peu pour son office de sœur converse. Elle pourrait même rester toute sa vie sans prononcer de vœux, si elle n'a pas les qualités voulues. Pour sa sœur, c'est plus difficile. Mais ne laissez pas, non plus, de la recevoir, et obtenez enfin de Dieu qu'elle soit bonne. Ne demandez pas trop de perfection ni à l'une ni à l'autre. Qu elles s'acquittent bien de ce qui est essentiel, et soyez contente; vous leur devez beaucoup, et vous les tirerez d'une grande infortune. 11 faut bien souffrir quelque chose; c'est ce qui arrive toujours au commencement de nos fondations; il ne saurait en être autrement.
Quant à l'autre postulante, prenez-la, puisqu'elle est aussi vertueuse que vous le dLtes : il vous en faut beaucoup, tant il vous en meurt. Comme elles s'en vont au ciel, n'en ayez point de peine. Je vois déjà quel vide va vous faire la bonne sous-prieure. Nous aviserons au retour des sœurs qui sont à Paterna, dès que les affaires seront arrangées-.
1. Cette pauvre esclave était au service des religieuses de Séville, qui, depuis la fondation de leur monastère, l'employaient, ainsi que sa sœur, à iaire quelques commissions.