Elles ne rentrèrent à Séville que le 4 décembre suivant
Oh ! quelle lettre je vous ai écrite, à vous et au Père Grégoire ! Plaise à Dieu qu'elle vous parvienne I Oh ! quelle réprimande je vous envoie, parce que vous voulez transférer votre monastère ! Je ne comprends pas que vous ayez pu songer tous les deux à une telle folie1.
Priez pour mon frère, vous, tous les amis et mes filles. Comme il vient d'arriver, je ne vous en dis pas davantage. Que Dieu vous garde bien ! votre santé me donne plus de peine que tout le reste ; aussi, par charité, soignez-vous et soignez ma sœur Gabriellc. Portez du linge toutes les deux, et suspendez un peu vos austérités par ce temps d'extrême nécessité. Nos sœurs de Tolède ont très peu de sauté. Je les recommande toutes à vos prières. Plaise à Dieu de vous garder à mon affection ! Je ne sais comment je vous aime tant. La Mère Briande se recommande d'une manière spéciale à vos prières. Malgré ses souffrances, elle me tient bonne compagnie.
C'est aujourd'hui le 28 juin.
Cherchez de l'argent à emprunter, afin de pouvoir vivre; vous le rendrez plus tard. N'allez pas endurer des privations, cela me ferait beaucoup de peine. Ici, nous recourons aux emprunts, et Dieu vient ensuite à notre aide.
De Votre Révérence,
Thérèse de Jésus.
1. La Mère Marie de Saint -Joseph songeait à abandonner ce monastère pour un autre plus convenable, d'après elle, dans la même ville. Voir à ce propos ce que la Sainte dit d'elle dans la lettre du 4 décembre 1579 adressée au Père Gratien.
LETTRE GLXXVI1.
1577. 2 Juillet. Tolède.
a la mère anne de saint-albert, prieure a cara vaca.
Petites canettes. Avis maternels pour la direction des sœurs. Le Père Gratien, malgré la mort du Nonce, est toujours Visiteur. Robes de drap.
JÉSUS soit avec Votre Révérence, ma fille !
J'ai éprouvé une grande consolation en apprenant que votre maison est fraîche et que vous n'avez plus à souffrir comme l'année dernière à cette époque. Ce serait un vrai bonheur pour moi d'aller passer quelques jours avec vous, si telle était la volonté de Dieu. Les affaires et les lettres viendraient moins souvent m'y trouver. Je serais près de mes petites canettes et du cours d'eau où vous devez, semble-t-il, vivre comme des ermites. Puisque je ne mérite pas une telle faveur, je suis cependant très heureuse que vous en jouissiez pour moi. Je vous l'assure, je ne pensais pas vous aimer autant; j'ai le plus grand désir de vous voir. Dieu m'accordera peut-être un jour cette grâce. Je prie beaucoup pour vous, et j'ai la douce confiance que le Seigneur vous aidera en tout.
Je me plais à penser que vous élèverez à la plus haute perfection les âmes qui vous entourent. Mais soyez prudente : vous ne devez pas les conduire toutes par le môme sentier. Quant à cette sœur à qui notre Père a donné l'habit, il faut la diriger comme une malade; ne vous préoccupez pas si elle n'est pas très parfaite. Il suffît 1. Cette lettre renferme quelques corrections et additions.