La Mère Isabelle de Saint-Dominique
tère, supposé que les sœurs n'eussent pas l'esprit de détachement. Mais on lui doit tellement peu, que Dieu doit permettre tout ce qui passe.
La méthode que vous suivez pour la visite des Carmélites déchaussées semble vous avoir été dictée par Dieu lui-même ; qu'il soit béni de tout !
Votre Paternité n'a pas besoin de me faire le commandement dont il s'agit. Je considère votre manière de voir comme un ordre, et je m'y conformerai. Vraiment, je serais heureuse d'être délivrée de tous ces tracas; je redoute qu'il ne se glisse dans quelqu'une de nos maisons plus de convoitise que je ne le voudrais. Plaise à Dieu que vous ne soyez pas plus trompé par les sœurs que je ne le suis moi-même ! C'est là, je crois, la préoccupation qui me cause le plus de tourment. Et, autant que je puis comprendre mes sentiments intimes, j'étais déjà décidée, alors même que Votre Paternité n'aurait pas été notre supérieur, à ne recevoir à l'avenir aucune postulante sans vous aviser, que vous fussiez près ou loin. Il est impossible de réussir en tout. Le temps nous dira si notre ligne de conduite est bonne. Mais le jour où nous nous préoccuperons de la question des dots, ce sera pis encore.
Je vous envoie un renseignement fourni par la Mère prieure. Quand je me procure de nombreuses informations, c'est pour le bien des monastères et dans leur propre intérêt. Je ne sais comment on a pu tenir le propos dont il est question. Dieu veuille n'en être pas offensé, et répandre sa lumière, pour qu'à l'avenir on rencontre plus juste! Mais, que fais-je à me disculper? Le pire, c'est que je suis extrêmement fâchée contre celle dont j'ai parlé.