‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 83 sur 255 · Phrase obscure, que les annotateurs n'ont pu éclaireir · texte numérisé non relu

Phrase obscure, que les annotateurs n'ont pu éclaireir

LETTRE CGI1.

1578. 16 Février. Avila.

AU PÈRE GRATIEN, A ALCALA OU PASTRANA

Bras cassé de la Sainte. Affaire de Carillo. Une postulante.

JÉSUS

Que la grâce du Saint-Esprit soit avec Votre Paternité, mon Père, et vous donne assez de santé durant le carême pour supporter tout le travail qui vous attend !

Je me demande si vous allez prêcher tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre. Pour l'amour de Dieu, prenez garde de faire quelque chute au milieu de vos courses. Depuis que j'ai mon bras en l'état que vous savez, je suis plus préoccupée sur ce point*. Il est toujours enflé, comme la main elle-même, et recouvert d'un cataplasme; on dirait un harnais. Je ne puis donc guère m'en servir.

Les gelées sont très fortes en ce moment; nous n'en avions pas eu, si ce n'est au commencement de l'hiver. Le reste du temps a été beau. Le froid était beaucoup plus vif à Tolède; en tout cas, j'y suis moins sensible à Avila. Cela vient peut-être de ce que, comme Votre Paternité l'avait ordonné, on a placé une porte à la petite pièce

1. Cette lettre contient un fragment qui est traduit pour la première fois, et plusieurs corrections.

2. Aux fêtes de Noël de l'année précédente 1577 , elle avait été préci pitée du haut d'un escalier par le démon, et s'était cassé le bras.

voisine de celle où vous avez dit de mettre l'infirmerie. On y est, en effet, comme dans un chaufïbir. Enfin, pour cette fois, je me suis admirablement tirée du froid. Votre Paternité réussit toujours dans les ordres qu'elle donne. Plaise au Seigneur que je réussisse aussi bien à vous obéir !

La santé du Père Antoine de Jésus continue-t-elle à s'améliorer? je désire le savoir. Veuillez me dire, en outre, ce que fait le Père . Mariano, qui m'a tant oubliée. Ne mauquez pas de présenter tous mes compliments au Père Barthélémy.

Je vous envoie une lettre que m'a écrite le Père Provincial de la Compagnie de Jésus sur l'affaire de Carillo \ et qui m'a bien peinée. J'en étais même tellement fâchée que j'aurais voulu lui répondre des choses plus fortes encore que, je ne l'ai fait. On lui avait dit, je le sais, que je n'avais été pour rien dans ce projet de changement, et c'est la vérité; voilà pourquoi, lorsque j'en entendis parler, j'en fus vivement contrariée, comme je l'écrivis à Votre Paternité; mon plus vif désir était que cette affaire n'allât pas plus loin. J'écrivis au Père Gaspar une lettre aussi énergique que possible, comme je le jure dans la réponse ci-jointe au Père Provincial.

J'ai pensé, en voyant les dispositions de ces Pères, qu'ils ne nie croiraient pas si je ne leur tenais un langage de cette fermeté. Je regarde comme très important qu'ils me croient, car ils ont dit que je m'appuie sur de prétendues révélations. Je ne veux pas qu'ils s'imaginent que je m'en suis servie pour persuader ce Père; rien n'est plus faux. Je puis l'assurer à Votre Paternité, je redoute peu leurs menaces; je m'étonne moi-même de la liberté que Dieu me donne. Voilà pourquoi, comme Je l'ai déclaré au

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