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XVI NOTICES

ment, parmi nous ; cœur généreux, mais esprit violent et fanatique, tranchant toutes les questions avec le couperet de sa logique jacobine, jeune encore et déjà conspirateur émérite. Il nous effrayait. M. Doudan, qui recherchait volontiers les conquêtes difficiles, sans se rebuter de ses façons un peu brutales, entreprit de le subjuguer à force de grâce et de douceur ; il y réussit. La conférence seule succomba, et notre tribune où s'étaient fait entendre des voix dont beaucoup devaient plus tard devenir célèbres, se ferma d'elle-même. Nous voulions bien jouer au gouvernement constitutionnel ; à la convention et au tribunal révolutionnaire, l'idée seule nous en faisait horreur.

Avec la liberté, née de la Charte et garantie par elle, une ère nouvelle semblait s'ouvrir pour les lettres, pour la philosophie, pour tout ce qui relève et honore l'esprit humain. On aurait dit qu'un autre soleil allait rajeunir le monde et verser sur cette vieille terre, à côté des fleur anciennes, un peu fanées, quoique toujours belles, une inépuisable corbeille de fleurs plus brillantes et plus fraîches, encore humides de la rosée du matin. Les littératures étrangères, mieux connues, agrandissaient notre horizon. Le livre de madame de Staël, proscrit par l'Empire et lu avec enthousiasme par la naïve jeunesse de la Restauration, nous familiarisait avec l'Allemagne. Les noms de Schiller, de Gœthe et de Kant se mêlaient dans nos conversations avec ceux du vieux Shakspeare, de Byron et de Walter Scott. Dès qu'un roman de ce dernier paraissait, nous l'avions lu. De jeunes écrivains se formaient à Fart du style et préludaient à leur célébrité personnelle en faisant passer dans notre langue les chefs-d'œuvre des théâtres étrangers. L^école romantique, encore modeste, naissait sur notre propre sol et tentait quelques innovations dont M. de Chateaubriand avait déjà donné le signal, au grand scandale de la vieille école de Voltaire. En Uttérature, pas plus qu'en politique, qui prévoyait, qui pouvait prévoir tout ce que la Uberté enfanterait de licence et de folie ?

Doudan et Saint-Marc Girardin penchaient vers le roman-

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