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NOTICES. XXIII

sans cesse renouvelé, toujours agité, souvent orageux de la nation.

Dans un de ces groupes, celui auquel se rattachait le souvenir de M. Necker et de madame de Slaël, — celui que la duchesse de Broglie, sa fille, avait longtemps édifié et charmé, et dont le duc de Broglie, mort en 1870, avait été pendant cinquante anê le centre, absorbant tout dans l'éclat de son éloquence, de son savoir et de sa vertu, — M. Doudan a passé presque toute sa vie, estimé, honoré, recherché, doucement fier, spirituel avec grâce et finesse, pouvant, par l'élévation de son cœur et de son esprit, atteindre, comprendre, partager et, aubesoin, juger toutes les supériorités qui l'entouraient.

Malgré tout, et de quelque considération qu'il ait joui au sein de cette famille illustre, hors de ce cercle, Doudan n'était connu de personne. Il avait mis une certaine recherche à ne pas l'être, « fuyant les regards du public avec autant de soin que d'autres, qui devraient les fuir, mettent à les rechercher ». J'emprunte ces lignes à une lettre que M. le duc de Broglie (Albert) m'écrivait le lendemain de la mort de notre ami. J'étais loin de Paris. Il voulait bien me recommander sa mémoire. Doudan avait autrefois écrit, et avec distinction, dans le Journal des Débats. 11 nous avait laisssé, à nous les anciens^ le souvenir d'un talent dont il n'avait en quelque sorte montré que la-tleur. Il s'était arrêté, inquiet et défiant, après une série dheureux essais, et il n'y était guère revenu. Aussi la lettre du duc de Broglie ne me décida-t elle pas oussi vite que sa pieuse amitié le désirait. « Je ne sais, disait Chateaubriand, ayant à parler de M. Jouberl qui venait de mourir, je ne sais si, au fond de sa tombe, il me saura gré de révéler la noble et pure existence qu'il a cachée. » Le même scrupule m'arrêta quelque temps. Le dirai-je? écrire une biographie de Doudan me semblait impossible, tant sa vie avait été simple, uniforme, en dehors de tout mouvement extérieur et de toute action publique. Peindre son portrait, retracer avec quelque vérité cette physionomie incomparable, connue

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