XXXVI NOTICES
sous une forme légère, qui couvrait un sentiment trop réel. L'homme peut-être, en ce moment, ne méritait pas le regard de Dieu. Et cependant, n'en déplaise à la mémoire de notre cher ami. Dieu nous a vus, nous a secourus. Étions-nous assez près de l'abîme ! Mais non ! cette grande nation ne devait pas périr. La main qui frappait s'est arrêtée à la mesure du châtiment qui n'était que le juste retour d'une corruption trop volontaire, d'un luxe trop insolent, d'une prospérité trop imprévoyante et trop hautaine !
Doudan l'aurait dit comme nous, s'il avait pu assister à cette renaissance de notre pays, qui n'est encore qu'une convalescence... La santé reviendra, croyons-le. Quanta cet homme de bien que nous avons perdu, sa mort n'a laissé aucun problème à résoudre sur l'élévation de son âme, la bonté de son cœur, la généreuse distinction de son esprit. Je n'ai connu personne, soit à l'époque de sa jeunesse, soit au moment de terminer sa longue vie, si uniforme et pourtant si éprouvée, qui eût pu dire mieux que lui et avec plus de vérité, comme l'Hippolyte de Racine, dont il avait la chasteté sans la rudesse :
Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur...
CUYILLIER-FLEURY.