CHAPITRE XIX
Xous venons de dire comineril l'orateur doit se préparer à la grande œuvre de la parole par l'esprit, dans son cœur, et même dans son corps. Vo}ons-le maintenant sur le terrain, au moment où il va tirer le glaive de la parole pour établir la vérité ou combattre l'erreur. C'est le moment solennel.
Pour être plus clair, nous diviserons cette considération en six points, dans lesquels nous distribuerons ce que nous avons à dire de plus utile à cet égard. Nous ne prétendons pas établir par là un ordre rigoureux. C'est un cadre pour réunir et enchaîner nos observations, nos pensées, et les résultats de notre expérience; car, nous le répétons, nous n'avons point prétendu écrire un traité sur l'art oratoire; nous voulons seulement raconter aux autres ce que nous avons fait, et comment nous l'avons fait.
Nous parlerons successivement : 1" du commencement du discours ou de l'exorde; 2° de l'entrée dans
le sujet ou du départ; 3° de la réalisation du plan, ou de l'exposition et du progrès des idées ; 4° du moment suprême du discours ; 5° de la fin ou de la péroraison; 6' enfin de l'action oratoire.