‹ Leuconoé, SparteChapitre 10 sur 27 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

Quand f entends Homère, Sophocle, Socraie, T luron, Thidias, Tériclès, Solon,cAristide, Ëpamlnondas, cent autres aussi illustres, me crier tour à tour : « Je crois aux Dieux de l'Olympe! y) je ne puis m' empêcher de leur repondre : zMoi aussi je crois aux "Dieux de l'Olympe! Je ne les adore point, mais je crois en eux! Ils existent, ils nous entourent, ils nous dirigent; tout erre dépend d'eux, toute vie vient d'eux, toute raison est en eux. Ils sont les forces mystérieuses de l'éternelle C^ature. Quels que soient les noms que l'ignorance de l'homme leur ait donnés, l'homme leur a toujours reconnu le même pouvoir, l'homme a toujours vénéré en eux les mêmes vertus. Zeus, lahveh, 'Brahma, cAllah, c'est toujours le même Tout-Tuissant aux pieds de qui l'humanité se prosterne. Le nom change, l'essence et les attributs ne varient point.

Je crois aux Dieux de l'Olympe! Et que m'importe que les « gens sages », que les (.a personnes intelligentes et éclairées » rient de ma naïveté. Ils ne croient pas, Je le sais bien, — les esprits forts! — • que des nymphes aux tuniques transparentes dansent en chœur dans les prairies qu'emplit la brume du soir; ils ne croient pas que, sur les fleurs des clairières, les faunes et les dryades s'enlacent follement, unis dans les filets d'or des rayons de soleil! Il y a longtemps qu'ils ont découvert que le maître de la foudre ne se nomme pas Zeus; ils vous démontreront péremptoi-

l'hellénisme XXIII

remem qu'Une sert à rien d' invoquer Hermès pour rentrer en possession des objets perdus, qucAthénén a jamais eu trop de toute sa sagesse pour elle-même et qu^rès eût fait triste figure devant le moindre de nos braves soldats. Quant à c4phrodite, n'en parle^ pas devant eux! Ils ont donné son nom à un tas de choses infâmes et, comme ce sont des esprits forts, ils n'aiment pas ce qui leur rappelle les faiblesses humaines...

Tauvre cAphrodite ! Tauvre douce déesse aux grands yeux de violette! Tu aurais dû trouver grâce devant ces barbares, car tu n'as rien perdu de ta puissance, toi, tu n'as rien perdu de ta jeunesse, tu n'as rien perdu de ta beauté! L'humanité est toujours à genouxdevant la splendeur de ta poitrine féconde et la seule joie de notre sombre époque est l'éblouissante blancheur de ta sainte nudité! zMoi, du moins, Déesse, je suis fidèle et pieux. Je t'ai dédié ma première œuvre et f attends avec confiance que tu me récompenses d'un de les sourires.

El toi, toi qui règnes sur les cimes inondées de clarté, oApollon, viens à notre aide! OThoibos, Dieu de lumière, tu n'as pas tué complètement l'hydre obscure qui se traînait dans les marais fangeux de Lerne! Trête-nous les flèches terribles de ton carquois! Trête-nous des paroles ailées, plus puissantes encore que tes armes divines! Donne-nous la gloire

d'achevé}- ton œuvre, la gloire de rétablir le règne de la Lumière et de la 'Beauté! Er si le monstre doit être le plus fort, s'il doit continuer à régner sur le monde dans la terreur et dans la nuit, nous t'en prions, ne nous abandonne pas au milieu de l'universelle réprobation] U^ permets pas que, jamais, nous abjurions ton culte! Fais luire, distincte, à nos regards pieux, la vision des temps bénis où l'humanité se prosternait devant toi! Et, — comme cette divinité barbare qui disait : a. Si cette cité renferme un seul Juste, Je n'anéantirai pas cette cité! y) — cApollon, pardonne au monde à cause de nous qui t'adorons!

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