XX PRÉFACE
restait harmonieux, l'aTrinide restait noble, la forme restait belle.
"Bien que ces principes n'aient jamais été complètement méconnus, bien que de glorieux maîtres les aient défendus et mis en pratique jusques en ces derniers temps, nous avons pensé qu'il ne serait pas inutile de les formuler une fois de plus, à l'heure oii certains ont cru voir ^e produire une décadence artistique. C^on ! CT^ous ne sommes pas des décadents! La littérature de demain, au contraire, marquera un nouveau pas en avant dans l'histoire de l'humanité. Le terme des évolutions par lesquelles l'art a passé depuis le XV l^ siècle se découvre enfin. Une génération nouvelle succède à ces «.Jeunes » impuissants qui ont cru dire le dernier mot de la race latine. C^ous autres, malgré nos vingt ans, nous ne nous disons pas Ci Jeunes ». IT^ous voulons suivre la pure tradition de la divine Hellas; nous avons derrière nous trente siècles d'art superbe et triomphant! L'heure de la véritable Renaissance a sonné. Débarrassés des scrupules qui dénaturèrent Jusques à présent le génie de l'antiquité dans les œuvres modernes, nous oserons peindre la "Beauté telle qu'elle est, sans voile! 5\jP5 âmes sont asse^ sereines et asseï pures pour ignorer les troubles malsains qu'une telle vue provoque chei certains êtres inférieurs.
Comprend-on, maintenant, combien est spécieuse
L HELLENISME
Fargumenranon de ceux qui disent qu'il faut être de son temps, sous peine de ne pas être soi-même, et que l'art moderne doit être la peinture de la vie moderne ?
CHj)us n'avons jamais prétendu qu'il fût nécessaire qu'une œuvre représentât des Grecs ou des 1{omains, ou évoquât les mœurs, les coutumes et les religions antiques, pour être conçue dans un esprit hellénique. C\ous avons seulement voulu établir la supériorité de ce principe : « Faire de la réalité belle » sur tous les systèmes brutalistes, symbolistes ou mystiques qu'on a essayé de mettre à la mode en ces derniers temps. « Faire de la réalité belle. » Tarte-^delàpour erre aussi moderne que vous le voule^, vous sere^ dans la tradition antique.
Quant à moi, Je préfère. Je l'avoue, que mon rêve me fasse revivre au milieu de ce peuple grec qui fut le plus superbe dans ses vertus et le plus excusable dans ses défaillances. Le cœur plein d'une douloureuse émotion, f aime à répéter le cri du vieux poète Khoirilos :
A i^.a/.ap, San; sr/v y.îivcv y^po'vcv c'iî'ft; àii'5'7i;.
y admire hautement tout ce que je connais de la nation sublime : ses lois, ses mœurs, sa religion.
Sa religion surtout, si raillée, si bafouée, si calomniée, — oh ! la lâcheté d'insulter des dieux déchus ! — m'inspire un profond et mélancolique respect.