‹ Leuconoé, SparteChapitre 22 sur 27 · I. — Aujourd'hui la Magoula · texte numérisé non relu

I. — Aujourd'hui la Magoula

I. — L'auteur, lorsqu'il visita Sparte, essaya de suivre le chemin qu'il fait parcourir à son héros, mais les sentiers ne

sont pas améliorés depuis le temps de Tyrtée, et l'un des mulets qui composaient la petite caravane ayant fait un faux pas, fut précipité dans un abîme. L'infortuné animal portant les vivres de l'expédition, son malheur fut le prétexte d'une retraite honorable. La traversée du Taygète, au mois de février, ne peut d'ailleurs se faire qu'avec les plus grandes difficultés. 2. — Après la prise d'Ithome, qui avait terminé la première guerre de Messénie, Ira était devenue la principale ville forte des Messéniens. On ne connaît pas exactement l'endroit où s'élevait cette forteresse. Toutefois, il paraît probable qu'elle était située à la base occidentale du mont Lykaios, non loin des sources de la Néda. S'il en est ainsi, la légende d'après laquelle Aristoménès, parti d'Ira vers la nuit, serait arrivé à Amyklées, qu'il aurait prise et pillée avant h lever du soleil, nous semble assez invraisemblable. Tyrtée emploie quatre jours pour faire ce même trajet : c'est bien marcher!

I . — Tyrtée ne faisait sans doute pas cet éloge de très bon cœur, mais il n'en est pas moins vrai qu'Aristoménès le méritait complètement et que le poète n'exagérait en rien ses qualités. Le plan de notre ouvrage nous a obUgé à laisser dans l'ombre la grande figure du roi de Messénie.

Aristodémos, le héros de la première guerre de Messénie, et Aristoménès, le héros de la seconde, bien que la fortune des armes leur eût été contraire à tous deux, furent peut-être les ennemis les plus redoutables que Sparte ait jamais eus à combattre. La légende rapporte que le roi de l'île de Rhodes, où Aristoménès s'était retiré, eut le désir de se marier. Il consulta l'oracle sur le choix d'une femme, et l'oracle lui ayant répondu d'épouser la fille du plus vaillant des Grecs, il n'hésita pas à demander la main de la fille d'Aristoménès. « Neuf siècles après la chute d'Ira, quand il n'y avait plus de Sparte, quand il n'y avait plus de Grèce, les derniers Messéniens chantaient encore : « A travers les champs de Stényclaros, Aris- « toménès a poursuivi les Lacédémoniens. » (Duruy, Histoire Gr.)

I. — Le hibou étant consacré à Athéna, on comprend la plaisanterie du Mcssénien.

I. — Cette aventure ne doit point sembler invraisemblable, car la plupart des édifices sacrés un peu considérables avaient ainsi des issues secrètes réservées aux prêtres. L'histoire de Daniel prouve que ceux-ci s'entendaient à profiter de ces issues pour abuser de la crédulité des fidèles.

I. — C'était un moyen économique d'offrir aux Dieux des hécatombes. On offrait cent petits bœufs de cire ou de pâte qu'on suspendait aux murailles des temples où ils demeuraient indéfiniment.

1. — Des fouilles récentes, dirigées par l'éphore Léonardos, ont mis à découvert les ruines de ce petit temple.

I. — Par deux fois, les trahisons d'Aristocrates furent filiales à la cause des coalisés. La première fois, dans une bataille livrée au lieu dit la « Grande-Fosse », il retira ses troupes et dégarnit la gauche des Messéniens sous prétexte que les présages présentaient des signes menaçants. Les Messéniens furent défaits et leur cause ne se releva pas de ce désastre. Une

seconde fois, il avertit les Spartiates d'une marche hardie qu'Aristoménès préparait contre leur ville. Mais cette fois la perfidie lui coûta cher. Lorsque les Arcadiens eurent découvert la trahison de leur roi, ils accablèrent Aristocrates de pierres et pressèrent les Messéniens d'en faire autant ; ceux-ci regardèrent Aristoménès, qui baissa les yeux et se prit à pleurer. Les Arcadiens, après avoir lapide leur roi, jetèrent son cadavre hors de leurs limites, sans lui donner de sépulture ; et pendant des siècles on put lire au sommet du Lykaios, près de l'autel du Dieu : « Par la grâce de Zeus, le traître a été découvert et puni de son parjure ; aucun crime ne demeure impuni ! « (Duruy, Hist. grecque.)

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