X PRÉFACE
fut le symbole de la croyance universelle en un être tout-puissant; oAphrodite fut l'invincible désir qui pousse les sexes l'un vers l'autre; Hadès fut l'épouvante inspirée à toute créature par le ténébreux inconnu qui suit le trépas.
En politique, toutes les formes de gouvernement furent expérimentées dans les cités grecques : monarchies absolues et constitutionnelles ; aristocraties et démocraties, depuis la ploutocratie j'usques au collectivisme, furent tour à tour en honneur. 'Benjamin Constant et Karl cMarx ne sont que les continuateurs de Lycurgue et de Solon.
Enfin, les artistes de l'Hellas appliquèrent avec une désespérante perfection a formule d'art la plus parfaite qui soit : a La vérité dans la beauté. » — Évidemment, il faut ici donner au mot Beauté un sens très étendu. La beauté dont nous entendons parler ne consiste pas nécessairement dans l'aspect agréable et charmant de l'ensemble d'une œuvre. Elle consiste dans l'harmonie des proportions; dans la mesure exacte de l'importance de chacune des parties, relativement à l'ensemble. Un monstre, un satyre, un faune, un Quasimodo, sous le ciseau d'un Thidias, sous le pinceau d'un cMichel-cAnge ou d'un T^aphaël, sous la plume d'un Uictor Hugo, deviendra aussi ce beau » que le plus harmonieux cApollon.
La vérité dans la beauté: tout V art de la Grèce est
l'hellénisme XI
là. Et comme il ny a pas deux vérités, pas plus en art qu'en morale, l'esprit humain est impuissant à rien ajouter à l'art ou à la morale de la Grèce antique... Depuis vingt-trois siècles, nous n'avons rien conquis. Les mystères qui épouvantaient la raison de Tlaton sont toujours les mystères qui épouvantent notre raison. C\ous n'avons pas porté de lumière dans ces ténèbres. L'ombre qui environne les destins de l'humanité est toujours aussi épaisse. Quant à l'art, toutes les tentatives faites en dehors de la règle que suivirent les artistes de la Grèce ont misérablement avorté. Sans vérité, point de beauté. Sans beauté, point d'art!
On a dit à propos ^'Athénienne' et d'autres ouvrages inspirés, depuis, par la même pensée : a C'est l'école du néo-Hellénisme! »
Certes, rien n'est futile comme cette coutume de diviser les écrivains en catégories plus ou moins heureusement tranchées. zMais, si le besoin de clarté qui est au fond de nos âmes latines trouve une satisfaction
I. Sous le titre à^ Amours Antiques, une première édition de ce livre a paru à la fin de 1894.