‹ Leuconoé, SparteChapitre 8 sur 27 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

zMoyen-oAge, combien de caractères communs entre l'écriture dite gothique et les cathédrales que l'on décore de la même épithète! C'est le même profil anguleux, la même austérité, la même froideur, la même nudité décharnée. Ils portent tous deux l'empreinte de ce sombre génie du christianisme, avec son mépris des choses de la terre, son horreur pour une nature maudite, son déduin pour tout ce qui pourrait lui faire oublier le ciel au sein de notre « vallée de larmes ».

T>onc, depuis quatre cents ans, la tradition hellénique lutte contre la tradition chrétienne. Le grand mouvement romantique du commencement de ce siècle, dans sa haine trop légitime contre l'antiquité odieusement factice que la sottise de l'époque avait mise à la mode, sembla un instant revenir aux traditions barbares du zMoyen-z4ge. Les chefs du mouvement prétendirent que la "Renaissance n'était que la dernière convulsion d'un agonisant, que des idées nouvelles devaient inspirer un art nouveau, qu'il fallait être de son temps sous peine de ne pas être soimême. 5\j?î/^ examinerons plus loin quel rapport ces deux dernières affirmations peuvent avoir avec notre thèse; considérons d'abord où de telles théories nous ont conduits.

cA cette heure, une grande anxiété fait hésiter dans sa marche en avant la lumineuse phalange de ces esprits d'élite qui s'efforcent de réaliser un idéal d'art.

l'hellénisme XIX

Quelle route faut-il suivre ? Où est la vérité? D'après quelle formule sera composée l'œuvre qui vaincra le temps et qui apparaîtra à l'avenir comme la synthèse du mouvement intellectuel de notre époque ? c4u milieu de ce trouble, au milieu de cette incertitude, chacun veut apporter sa solution, chacun veut avoir l'honneur de découvrir une route nouvelle, chacun veut être « chef d'école » / Hé bien, dussé-je désespérer quelques-uns de ces Christophe Colomb, il n'y a pas de route nouvelle à découvrir, il n'y a pas de nouvelle école à fonder. Il existe des principes éternels et absolus hors desquels il est impossible de créer une œuvre d'art durable. Ces principes, nous les avons déjà formulés : en dehors de la C^ature. en dehors de la Vérité, il n'y a point de "Beauté. En dehors de la 'Beauté, il n'y a point d'cArt.

Ce furent les artistes de VHellas qui s'inspirèrent les premiers de la double vérité que nous venons d'énoncer. Ils s'efforcèrent d'unir la Vérité et la Beauté. zMalgré l'intensité de vie de leurs créations, malgré la violence des passions qu'ils dépeignirent, le geste

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