PIÈCES JUSTIFICATIVES
à PI Re ONU Poniuimquée par le D° Barruezémy.
| Le nommé Ch. C: -. vient consulter, pour la première fois, le AE Dr Barthélemy dans le courant de décembre 1880, pour une route: | érosion qui ne guérissait pas.
Dans les antécédents, on note de l'arthritisme, de l'eczéma du | 4 : cou; une syphilis bénigne récente et enfin des plaques leucopla- | siques linguales.
La syphilisest traitée aprés l'évolution du ire par le proto- + He iodure de mercure, avec périodes alternantes de traitement et de 32 sÉ repos ; en méme temps, l'état de la langue est l'objet de soins : défense de fumer, "gargarismes au chlorate de potasse, pulvérisa- | tions émollientes, glycérine boratée ou collutoire, etc.
Le traitement antisyphilitique est prolongé jusqu'en 1883 ; au | mosde décembre de cette année, Ch. C.. se marie ; il a en 1884 un fant à terme ; en 1888, un second qui meurt étranglé par le É a enfin en 1891 un troisième qui, comme l'ainé, est bien
PA constitué. En 1885, 1886 et 1887, Je traitement antisyphilitique est
repris. ; CH es Le 18 mars 1898, la PRE buccale à augmenté, mais il
72 existe au niveau d'une plaque un petit papillome qui éveille l'atten- - + tion du D' Barthélemy. L'excision en est pratiquée en mars 1899 ‘et l'examen ARTE fait par le D' Suchard, donne les résul-
Ru tats suivants :
au
Examen d’une tumeur de la lanque enlevée par M. le D' Barthélemy, le 1° mars 1899 (Sucnar»).
Examinée à l’état frais, après ablation, la tumeur forme une saillie nummulaire limitée par un bourrelet se continuant avec la muqueuse linguale. Cette saillie nummulaire arrondie a 0,02 de diamètre et forme un relief de o",002 environ au niveau du bour-
relet périphérique, de 0",003 dans les points plus rapprochés du *
centre. La surface de la tumeur est irrégulière, bosselée, un peu bourgeonnante, fissurée au niveau de son centre.
La masse de la tumeur, examinée sur une surface de section, paraît constituée par un tissu blanchâtre, exsangue, envahissant le muscle lingual et mesurant 0",007 d'épaisseur à sa partie moyenne, Il ne s'écoule pas de suc de la surface de section ; mais on en fait sortir facilement de petits grumeaux qui ne sont pas autre chose que des globes épidermiques. Le tissu du bourrelet périphérique a la même apparence que celuide la tumeur. Il est un peu plus ferme et se continue d’une part avec la tumeur, d'autre part avec la muqueuse linguale.
Après fixation et durcissement, les différentes parties de la tu-
meur sont examinées au microscope dans des préparations obtenues
par coupes.
On constate alors que le tissu blanchâtre de la masse de nouvelle formation est constitué par des cellules épithéliales pavimenteuses groupées de maniere à constituer des lobules s’anastomosant les uns avec les autres à leur périphérie. Au centre des lobules se trouvent des cellules arrivées au terme de leur évolution et disposées en couches concentriques pour former des globes. La plupart de ces globes ne sont pas entourés de cellules contenant des granulations d’éléidine: ce sont des globes muqueux. Quelques-uns, cependant, présentent à leur périphérie un stratum granulosum : ce sont des globes cornés. (AC
Les lobules épithéliaux sont plongés dans un tissu embryonnaire contenant encore quelques fibres musculaires en dégéné-
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rescence vitreuse ; on remarque aussi dans ce tissu embryonnaire des capillaires, des artérioles, des veinules et des faisceaux nerveux que l'on reconnaît facilement. es
Dans les portions profondes de la tumeur, on trouve, entre des faisceaux musculaires dont la striation est encore parfaitement nette, des lobules épithéliaux plus petits, isolés, entourés de tissu embryonnaire ou encore des amas de cellules embryonnaires non encore groupées sous forme de lobules qui sont néanmoins des noyaux métastatiques. L'un de ces noyaux est presque entamé par l'incision chirurgicale.
Si l’on considère, toujours dans ces préparations, le mode d'évolution du tissu de nouvelle formation, on voit que les boyaux et lobules épithéliaux portent des bourgeons interpapillaires qui s'allongent, se développent et s'anastomosent en formant les lobules du centre de la tumeur. Le bourrelet est constitué par des bourgeons interpapillaires très allongés qui forment la transition entre le revêtement épithélial des papilles et latumeur proprement dite. En un point, ce bourrelet est entamé par l’incision chirurgicale.
Quant à la fissure du cenfre de la tumeur, elle est formée en un point où les lobules épithéliaux confluents forment une masse dans laquelle les cellules épithéliales éloignées des vaisseaux sont nécrosées et éliminées ou détachées par le frottement.
Ii résulte de cet examen que le diagnostic anatomique de cette tumeur est le suivant : Epithélioma pavimenteux lobulé muqueux avec quelques lobules cornés.
Cette tumeur ne présente rien de particulier quant à sa structure.
Il est possible, pour ne pas dire probable, que des métastases dela tumeur existent encore dans la langue du malade, étant donné que l'incision chirurgicale a porté très près du bourrelet périphé-
rique et du dernier noyau métastalique.
OgservarTioN II inédite communiquée par le D' BarrnéLemy.
Le nommé V..., arthritique, alcoolique, grand fumeur, se pré-
sente vers la fin de 1893 à la consultation du D" Barthélemy ; 1l est porteur d'une plaque leucoplasique blanche neigeuse, très épaisse, saillante, circonscrite mais bien limitée.
Le traitement local par les badigeonnages au bichromate de potasse est institué immédiatement: en même temps, le malade fait des pulvérisations avec de l'eau de la Bourboule et de l'eau de Saint-Christau.
Le résultat est à peu près nul.
Le 14 juin 1898, le patient est soumis au traitement antisyphilitique ; mais le malade, étant sans cesse en voyage, n'est pas régulièrement suivi.
Vers la fin de 1898, la plaque leucoplasique commence à végéter, à se fissurer et l'opération est décidée en novembre 1899.
L'examen histologique pratiqué par le D' Suchard montre qu'il s'agit d’une plaque leucoplasique transformée en épithélioma.
OgservaArTion III. — WErr.
Ce cas présente un intérêt exceptionnel, car il semble être le premier cas connu de leucoplasie vulvaire. Il est survenu chez une célibataire, maigre, d'aspect malheureux, âgée de 61 ans, qui fut admise à l'hôpital Saint-Luc en 1869, comme souffrant depuis bien des années d'un prurit intense de la vulve.
Elle dit avoir vu ses règles au plus tard à l'âge de 16 ans et que de nombreuses pertes l'ont éprouvée, affaiblie. Pour calmer ses douleurs elle avait usé d'opiacés d'abord en faible quantité. Mais actuellement elle consomme dix à onze grains de morphine par jour pour avoir un peu de repos. Ses souffrances étaient si pénibles qu'elle se résigna à subir une opération: on enleva à l'aide du bistouri et du galvanocautère, la muqueuse recouvrant la petite lèvre. Cette intervention ne procura à la malade qu'une rémission de courte durée.
A l'examen, la vulve est extrêmement sensible : il existe un certain degré de vaginisme; le spéculum permet de constater que les parties profondes sont saines mais que l'utérus est frappé