‹ Leucoplasies et CancerChapitre 6 sur 24 · TON · texte numérisé non relu

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été incluses soit dans le collodion (méthode de Mathias- Duval), soit dans la parafline.

Les coupes ont été colorées au picro-carmin, à l’hématoxyline de Delafield et à l'hématoxyline éosique de Renault. Sur les coupes pratiquées perpendiculairement à la surface et traitées ainsi qu'il vient d’être indiqué, un fait attire tout d’abord l'attention : l’'épiderme est traversé sensiblement à mi-hauteur par une ligne intensivement colorée en bleu foncé ou en rouge vif suivant la teinture employée; celle-ci est visible même aux faibles grossissements et décrit une série de sinuosités ; comme on peut aisément s’en assurer par l'emploi de forts objectifs, cette bande est constituée par de volumineuses cellules disposées sur trois ou quatre couches. Ces éléments mesurent en moyenne 20 y de longueur et sont polygonaux ; leur noyau est plus ou moins apparent et leur cytoplasma est bourré de granulations irrégulières, possédant une grande élection pour diverses teintures nucléaires (hématoxyline, picro-carmin); en un mot, cette formation n’est autre que la couche hypertrophiée des cellules à éléidine. Dans les pièces en

question, celle-ci se présente avec des caractères abso-

Jlument identiques à ceux qui ont été indiqués à propos

de la muqueuse buccale par divers auteurs (Leloir, Le Dentu entre autres); l’un de nous d’ailleurs, a pu, dans nombre de cas publiés ou inédits, constater la rigoureuse similitude de conformation de cette assise dans les muqueuses buccale et vulvo-vaginale.

Les autres altérations ne présentent pas une moins

grande analogie : toutes les cellules sus-jacentes à la

D PAUSE couche à éléidine sont kératinisées et leur épaisseur est sensiblement égale à la moitié de la hauteur de lPépiderme. ’

La couche kératinisée est formée d’éléments dont la inétamorphose cornée est naturellement d'autant plus accusée qu'on se rapproche davantage de la superficie ; elle ne constitue pas une couche régulière et en certains points son épaisseur augmente brusquement, de sorte qu'il en résulte la formation de saïllies coniques plus ou moins acuminées et écailleuses.

Quant aux éléments sous-jacents à la couche à éléidine, il convient de signaler laltération dont leurs noyaux sont fréquemment le siège, ainsi que la forme irrégulière et en quelque sorte dentelée du corps cellulaire ; en outre, on constate la, présence en certains points d'éléidine diffuse.

Le corps de Malpighi est nettement limité et ne présente pas d’altérations manifestes ; en revanche, les prolongements épidermiques intradermiques affectent une forme irrégulièrement mamelonnée ; par suite les papilles sont plus ou moins réduites.

Du côté du derme, deux modifications seulement sont à signaler : l'épaississement, c’est-à-dire le feutrage du tissu conjonctif, et l’infiltration embryonnaire qui se manifeste sous la forme d’amas de cellules inflammatoires.

En résumé, la leucoplasie vulvo-vaginale (stade initial) est caractérisée par les altérations suivantes :

1° Feutrage du derme ;

2° Multiplication des cellules de la couche à éléi-

dine ;

ax

PR els

3° Hypertrophie de la couche cornée ;

4° Diffusion de l’éléidine dans les couches sous-jacentes à la couche à éléidine.

Or, ce sont là exactement les altérations qui ont été indiquées comme caractéristiques de la leucokératose bucco-linguale par Leloir; par conséquent, on doit conclure à l'existence d’une leucoplasie vulvo-vaginale au sens exact du mot, nettement définie au point de vue anatomo-pathologique.

Ultérieurement, d’Hotman de Villiers et Thérèse ont confirmé ces descriptions et Paul Petit a fait une description complète, clinique et histologique d’un cas observé dans sa clientèle, confirmation des faits sus-

énoncés.

2° Leucoplasie des voies urinaires. — (Comme nous l'avons indiqué précédemment, les processus leucoplasiques ont une extension considérable ; en effet, Noël Hallé, dans un travail de premier ordre, a récemment établi d’une facon indiscutable que l'appareil urinaire peut également être le siège de lésions leucokératosiques ; il est juste, d’ailleurs, de rappeler que le P' Albarran avait, dès 1892, eu l'intuition de ces altérations ainsi qu’il ressort du passage suivant extrait de son traité des Tumeurs de la vessie : « Sur les coupes d’une vessie atteinte de cystite ancienne, et je possède des préparations fort démonstratives à cet égard, j'ai vu les couches superficielles de l’épithélium vésical présenter tous les caractères de la cornification. Dans ce cas pourtant, le pro-

cessus de kératinisation n’est pas régulier : il n’y a pas

D pr

d’éléidine dans les cellules qui précèdent les couches cornifiées : or on sait, depuis les beaux travaux de mon

maître Ranvier, que l’éléidine précède toujours les for-

mations cornées qui dépendent du feuillet cutané.« Andral

signale d’ailleurs, dans les cystites chroniques, la transformation possible de l’épithélium en production: cornée. Peut-être faut-il rapprocher de ces observations la tumeur décrite par Rokitansky sous le nom de cholestéatome : cette tumeur, consécutive à une inflammation chronique de l’appareil urinaire, était formée de lamelles nacrées, composées de cellules épithéliales ».

Mais la définition rigoureuse et approfondie de cette maladie a été donnée seulement en 1896, par Hallé, qui a étudié avec le plus grand soin sept cas recueillis à la clinique des voies urinaires dirigée par le P' Guyon.

Nous remarquerons toutefois que les leucoplasies de la vessie n'ont pas. d'histoire clinique propre; leurs symptômes sont toujours ceux d’une inflammation chronique de l’appareil urinaire.

Il en va tout autrement, au point de vue anatomo-pathologique, et cela est tellement vrai qu'Hallé n'hésite pas — bien que le diagnostic de leucoplasie urinaire n'ait pas encore été porté avec certitude pendant la vie — à affirmer qu'il est vraisemblablement possible par un examen attentif, réitéré du sédiment urinaire, d’arriver au diagnostic : leucoplasie urinaire. La possibilité de ce diagnostic est rendue évidente par la description suivante des modifications de la muqueuse urinaire atteinte de leucoplasie.

Dans les sept cas d’'Hallé, un caractère est constant,

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