CHAPITRE XXIX La question sera posée
Le 26 avril igoS, pour fêter l'unité socialiste, enfin réalisée, un grand meeting réunissait dans l'immense salle de Tivoli-Vaux-Hall, avec la plupart des délégués qui avaient pris part au Congrès d'unité, plusieurs milliers de militants socialistes appartenant à toutes les anciennes fractions qui venaient de se fondre en un grand Parti « de lutte de classe et de révolution. »
Là, un orateur qui avait été au Congrès, délégué de la Fédération de l'Yonne, fit des déclarations nettement antipatriotiques.
Le lendemain, la presse nationaliste reproduisait ces propos subversifs en bonne place, heureuse de les exploiter contre les chefs parlementaires du Parti.
Il y a à Paris deux grands quotidiens qui se recom- -nandent du socialisme: l'un, la Petite République, dont le rédacteur en chef est Gérault-Richard, député socialiste de la Guadeloupe ; l'autre, l'Humanité, que dirige Jaurès, député du Tarn.
Tous deux représentent la tendance réformiste et parlementaire du Parti.
Ils ne pouvaient rester muets en présence des commentaires venimeux de la presse nationaliste et conservatrice.
Tous deux, ils prirent chaleureusement en mains la défense du patriotisme.
Sous le titre « La Patrie en danger», et la signature de son rédacteur en chef, Gérault-Richard, la Petite République, publiait en tête de son numéro du 26 avril, l'article suivant :