NAPOLEON LE GRAND
RÉTABLIS SAÎSrT LE CULTE DES ISRAÉLITES
le 30 mai 1806
Les rabbins sont aux pieds de l'Empereur, que flanquent le Chandelier à sept branches et les Tables de la loi. (La maison Rouff-Casewicz compte parmi les douze commanditaires juifs de VHunianité).
Le gahmatias le plus cocasse et les points d'exclamation font tous les frais de V Histoire socialiste :
Rouff-Casewicz, avec les Aventures de Cartouche et les Mémoires de Dimiollard, les faux documents pullulent, pour l'amusement de la critique alle-
<î O Paris, lève-toi donc ! 0 Révolution, défends-toi !... 0 le pauvre esprit !... Ah ! les insensés !... Ah ! quel drame poignant de conscience et de pensée !... Quel niais !... Trop débonnaire assemblée !. . Et quelle fatuité !... Quelle véhémence vaine !... Incohérence et imprudence !... »
« Quel regard pénétrant et dur ! quel discernement des mobiles égoïstes !... Ah ! quel grand homme d'Etat eût été Forster pour l'Allemagne révolutionnaire !... O sérénité de la nuit ! O tendresse des étoiles pâlies par l'ardent reflet de la cité ! 0 douceur de vivre et d'oubUer ! Pitié pour les hommes qui descendent à l'abîme ! » (III, 590).
« Ah ! quelle activité maintenant sur ce grand fleuve, dont le gouvernement des prêtres avait fait une voie déserte et inutile qu'aucun commerce n'animait ! C'est la lâcheté des puissants ! C'est leur fuite éperdue qui seule, ô ironie ! donnait quelque animation au fleuve jusque là nonchalant ! Et quelle ignorance, quelle frivohté chez tous ces hommes ! » (III, 591).
« Comme ce germe, né de la seule question des subsistances, s'émeut, se subdivise en feuilles multiples, s'épanouit en promesses variées ! »
« Chose curieuse !... Mais quoi !... chose curieuse !... Mais quelle âpreté soudaine ! Quel langage provocateur ! Quel étalage du moi !... Que de cerveaux de révolutionnaires sont encore des caves obscures, et que de cerveaux d'hommes d'Etat sont encore de pauvres antichambres d'intrigue et d'ambition ! »
A retenir ce jugement sur les massacres de septembre :
mande. Et c'est avec de faux bulletins de vote que, deux fois de suite, le ministère de l'intérieur a nommé le citoyen Jaurès député de Carmaux (1).
« Déplorables boucheries, qui ont ému les âmes faibles, et déchaîné contre la commune des révoltes de pitié grossière ! »
L'ignorance de « l'historien » Jaurès passe les bornes imaginables. Tantôt {Humanité), il afiSrme que Bonaparte profita de ce qu'il était Premier Consul pour perpétrer le Dix-Huit Brumaire ; tantôt, il révèle que Rome était capitale du royaume d'Italie en 1860. Racontant la journée du 14 juillet 1789 il écrit :
« Le prévôt Flesselles eut la tête cassée d'un coup de revolver comme on le menait au Palais Royal pour le juger ».
Ces âneries colossales, accumulées en volumes imposants av^c une couverture sang-de-bœuf, impressionnent fortement le Populo.
A rapprocher, cette perle déposée par M. Viviani dans la France du Sud-Ouest (2 juin 1906) :
« C'est fini. On n'effrayera plus personne. Et Jéricho a épuisé son souffle autour de la cité dont les pierres ne tressailliront plus. »
M. Viviani prend Jéricho pour un trompette. Et il est inscrit, naturellement, sur la Uste des collaborateurs à l'Histoire Socialiste Jaurès-Roufï.
(1) A la séance du 2 mars 1906, à la Chambre, M. Auffray prouva que M. Jaurès était « un impudent faussaire » ; M. Jaurès traita M. Auffray de « répugnant Jésuite ». Quatre députés, constitués comme témoins, déclarèrent qu'il n'y avait pas lieu à rencontre, les allégations étant justifiées de part et d'autre.
Le Socialiste, le Petit Sou, tous les journaux socialistes révolutionnaires appelaient la Petite République «le journal de Bondy», et le citoyen Jaurès, « faussaire, Escobar, Jésuite, entretenu des Fonds secrets, entretenu de Monaco ». Chacune de ces épithètes faisait allusion à des faits précis et dégradants.
Après le « carnage » de la Bourse du Travail (29 octobre 1903), l'ordre du jour approuvant les exploits de la police et la répression violente du mouvement ouvrier fut voté par les députés Jaurès Rouanet, Breton, Poulain, Deville, Millerand,
etc.
Maintenant, la rédaction du même journal et le même groupe parlementaire réunissent l'ancien Parti socialiste de France et la bande Jaurès!... Que peuvent en penser les esprits simples, et les consciences droites 1 Jules Guesde, Vaillant et leurs amis n'imposent-ils pas à tous les socialistes un sacrifice excessif ? Ne les placent-ils pas dans une fausse position ? Si les accusations que portait le Parti socialiste de France contre la bande Jaurès étaient mensongères, les accusateurs se sont déshonorés. Si les accusations étaient
fondées, et elles ne Tétaient que trop, les accusateurs se compromettent aujourd'hui en subissant de tels contacts. Ils savent que l'homme des Cent Mille Paletots, de la fille ChevaHer, de VEquitahle, de l'affaire Humbert, de l'affaire Syveton, est infâme. Et ils « s'unifient » avec lui ! Que devient l'honneur de leur Parti ?
C'est ce que nous allons étudier.
Pays à vendre
A nous la galette !
Mme W.-R.
Nous ne sommes pas des ascètes il nous faut la vie large.
Jean Jaurès, {Petite République),
Le socialisme, c'est vingt ans d« profits.
Le chœur.
Ce qui rend la mêlée politique si confuse en apparence, et les contradictions du personnel politique si fréquentes, si brutales, c'est tout simplement qu'il n'y a plus de vie politique dans le pays, plus d'idées politiques, plus de passions politiques. Il n'y a, du haut en bas, que des appétits ; la prétendue lutte politique n'est qu'un conflit d'intérêts grossiers, une bataille de chiens autour de l'écuelle.
Le peuple n'a pas d'idéal; il se rit des « vieilles barbes » à la mode de 1848, qui prenaient au sérieux les trois grands mots de la devise républicaine ; il veut conquérir du loisir, du bien-être, de l'argent. La bourgeoisie et ce qui reste d'aristocratie n'ont pas d'idéal, pas de rêves ambitieux, pas de conceptions philosophiques ; il leur faut des jouissances, de l'argent. Tout se ramène à la question d'argent (1).
C'est pourquoi, dans les Assemblées et dans la presse, les débats politiques ne sont qu'une farce. Les politiciens amusent la galerie sur les tréteaux par de feintes querelles, par des échanges de lazzi, d'injures, de coups de pied au derrière ; à l'intérieur du Guignol, ils s'entendent comme larrons en foire pour tondre le troupeau.
Comme ils ont tout déshonoré, ils sont arrivés à déshonorer le duel. Quand, par hasard, leurs disputes de gamins aboutissent à une rencontre, on voit ce spectacle : un authentique marquis se mesurant avec un authentique souteneur de
(1) Voir les brochures Contre V Argent (1896) et La Terreur Juive (1906).
filles publiques, devant soixante invités et quatre photographes, et l'affaire d'honneur liquidée par un important traité de publicité pour une marque d'automobiles.
Dans la dernière session de la législature 1902- 1906, la Chambre était un jour troublée par l'affaire des inventaires ; les gendarmes avaient tué déjà deux ou trois catholiques dans les provinces, et la police était en train de mettre à sac Sainte- Clotilde, à deux pas du Palais-Bourbon. Les députés des deux partis adverses étaient debout, hurlant, se menaçant du poing ; on n'entendait que des clameurs furieuses : « Assassins ! bandits ! Jésuites !... C'est le sang français que vous versez !.. A bas la calotte ! » Ayant quitté la tribune de la presse pour échapper à ce tumulte, nous trouvâmes au bas de l'escalier le baron Denys Cochin, l'un des chefs catholiques, en joyeuse conversation avec le citoyen Briand, rapporteur de la loi anticléricale ; les deux compères s'en contaient apparemment de très drôles, car ils riaient en se tapant les cuisses avec jubilation ; gênés par le regard de l'indiscret, ils s'éloignèrent vers la buvette, pour^y trinquer à la santé de leurs dupes. Cepen-
dant, à Sainte-Clotilde, catholiques, francs-maçons et mouchards s'entr'assommaient avec conviction.
Cet épisode résume toute la situation.
La lutte électorale est sincère, et acharnée : mais non pas pour les idées poHtiques dont les candidats se réclament ; elle est acharnée, parce qu'il s'agit de savoir qui tiendra le pouvoir et ses profits.
Les politiciens conservateurs, qui sont les administrateurs, les bailleurs de fonds ou les propriétaires des grandes entreprises, veulent représenter l'Etat, pour s'octroyer à eux-mêmes les privilèges dont l'Etat dispose. Et les politiciens radicaux ou socialistes veulent représenter l'Etat pour vendre le plus cher possible les susdits privilèges aux capitalistes, qui en ont besoin. Après la loterie électorale qui répartit les sièges, il n'est plus question de se battre, mais de s'entendre.
Il n'est pas possible que les exploitants du Creuzot, ou d'une Compagnie de transports ou d'une Compagnie minière, qui passetit des marchés quotidiens avec l'Etat, et qui ont besoin^ continuellement des autorisations ou faveurs ministérielles, restent brouillés avec les ministres.
Il n'est pas possible que les démagogues affamés, criblés de dettes, avides de jouir, restent brouillés avec les millionnaires qui leur offrent pour une signature, pour un vote, pour une complaisance, d'énormes pots-de-vin.
Quand M. Loubet était président de la République, les mêmes réactionnaires qui avaient tout fait pour empêcher son élection, et qui le traitaient de « Panama 1^^ » dans leurs journaux, se réconcilièrent promptement avec lui. Le bonhomme pratiquait si bien le pardon des injures, quand l'offenseur y mettait le prix, que a puissante Compagnie de P.-L.-M. voulut absolument l'introduire dans son conseil d'administration et lui en réserver la présidence, au bout du septennat. Il fallut une campagne vigoureuse pour écarter d'un tel poste l'acolyte d'Arton (10 avril 1906).
Les journaux en apparence les plus hostiles au régime trafiquent dans tous les bureaux des ministères. On ne rencontre que leurs administrateurs et leurs courtiers chez les politiciens influents du Bloc. Réciproquement, les décorations et les sinécures tombent comme grêle
46 LEUR RIEPUBLIQUE
dans les rédactions réactionnaires. Ce sont les « sectaires du Bloc » qui ont nommé MM. de Ricard, d'Esparbès, Lapauze, rédacteurs du Gaulois et de VEcho de Paris, conservateurs d'Azay-le- Rideau, de Fontainebleau, du Petit Palais ; et M. Pierre Richard, ancien lieutenant du général Boulanger, nationaliste virulent, au consulat général de la Nouvelle- Orléans.
Tandis que la candide province croit les grands républicains engagés dans une lutte au couteau contre la réaction, ces anciens habitués du Café du Commerce font la noce dans les cabarets à la mode avec les gentilshommes de la haute banque ou de la grande industrie, pour signer de fructueux contrats au dessert.
Et voici, parmi tant d'enquêtes attendues, la grande enquête qu'il faudrait entreprendre : V enquête sur les fortunes de politiciens.
On a fait l'inventaire des biens des Congrégations. C'eût éoé bien, si la fortune donnée par les fidèles pour soulager la misère avait été affectée à la Caisse des retraites ouvrières (1), comme nous
(1) Voir la brochure Dix milliards 'pour la Caisse de retraites des Travailleurs.
l'avions demandé ; mais les valeurs confisquées disparurent dans la poche des « liquidateurs » et de leurs conseils, dont le plus notoire fut le citoyen baron Millerand. Ainsi en était-il advenu des Biens nationaux, sous la première Révolution.
n reste à ordonner d'autres inventaires essentiels Nous proposâmes naguère (1) la constitution d'un tribunal ou jury national, d'une sorte de chambre ardente qui procéderait à la revision de toutes les fortunes. Il n'y en a pas dont l'origine serait plus curieuse à scruter que les fortunes énormes et soudaines des politiciens de la troisième République.
Quand un simple subalterne, comme Demagny, disparaît sans avoir eu le temps de dissimuler ses biens mal acquis, on trouve dans son coffre des sommes effarantes dont la provenance ne peut être justifiée. Le phénomène est particulièrement suggestif chez les politiciens socialistes.
M. Waldeck-Rousseau fut un homme d'Etat parce qu'il osa sonder la corruption profonde de la nation et de ses représentants. Il a mérité l'hom-
(1) Voir la brochure Contre V Argent,
mage de la presse et du Parlement, et les monuments qu'on lui élève sur nos places, parce qu'il a gouverné ce peuple en achetant les consciences. H synthétise une époque. Il était l'avocat des grands forbans juifs et du pape ; il avait commerce intime avec le P. Dulac, Yousouf Reinach et le P. Maumus ; il touchait des honoraires fantastiques pour sauver les millions volés d'Eiffel, et pour paralyser la loi française au profit des Compagnies d'assurances américaines. Il comprit de quelle façon pouvait être étouffé le mouvement révolutionnaire qui naissait de l'Affaire Dreyfus. M. Cavaignac avait projeté de mettre en prison, par raison d'Etat, les douze ou quinze principaux dreyfusards. Il fut honni, exécré. M. Waldeck-Rousseau se chargea d'acheter les mêmes individus (moins un). Il réussit à merveiUe. La Révolution commençante fut étouffée dans l'œuf. Les défenseurs de la Justice- Vérité-Lumière, qui n'entendaient pas être jetés à la BastiUe, furent enchantés d*être corrompus. Us bénirent M. Waldeck- Rousseau avec autant d'ardeur qu'ils avaient maudit M. Cavaignac. Et le système si brillamment inauguré continua, continue, continuera.
Le premier président de la République, M. Thiers, faisait fusiller comme des bandits les Communards qui avaient religieusement respecté la Banque de France ; mais, quand il quitta le pouvoir, il emporta dans ses malles les trésors d'orfèvrerie que la Monarchie et l'Empire avaient accumulés dans les palais nationaux. Ce trait donna la note du nouveau régime. Les successeurs du sinistre nain, les ministres, les hauts fonctionnaires, continuèrent de déménager ce qui restait après tant de Révolutions à l'Elysée, à Versailles, à Trianon, à Compiègne, à Rambouillet, à Fontainebleau.
Le trafic des votes parlementaires, des influences, des décorations, des emplois publics, prit un essor inouï. A l'ère wilsonienne succéda l'ère panamiste ; cent scandales ont fait oublier ceux-là ; cent autres furent arrêtés avant l'explosion. Sous les régimes monarchiques, les vertueux républicains faisaient retentir le pays de leur indignation, parce qu'ils n'avaient point part à la curée ; dans le système actuel, ils partagent la dépouille publique avec les grands spéculateurs et les grands monopoleurs : le silence est rarement troublé. Quand un maladroit « mange le morceau»,
comme l'infortuné Baïhaut, la vengeance de ses compKces le poursuit jusqu'au tombeau (1).
La République devrait être « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Elle est « le gouvernement du peuple, par les coquins, pour les capitalistes ».
Nous avons toujours soutenu qu'elle ne tombera pas sous les coups d'un général, mais sous les mandats d'un hardi Procureur général qui, le code à la main, expédiera tout le personnel politique des vingt dernières années dans une maison centrale pour des crimes de droit commun.
Les vieux parlementaires entendent encore le cri du panamiste Rouvier, dans l'hémicycle de la Chambre, au moment de la catastrophe . D'une voix étranglée, il suppliait les ministres : « Voyons ! vous n'allez pourtant pas me faire coucher à Mazas ! »
Quelques années plus tard, cet homme se retrouvait à la tête du gouvernement. Et il disait brutalement à la majorité républicaine : « Si je n'avais
(1) M. Baïhaut, cependant, a été réhabilité par la Cour de Cassation, en mai 1905, M. Rouvier étant président du conseil, et M. Loubet, président de la République. Tout Panama
pas commis les actes qu'on a l'imprudence de me reprocher, vous ne seriez pas sur ces bancs !» i
La majorité comprit et baissa la tête. M. Rouvier redevint ministre des finances, ministre des affaires étrangères, président du conseil, toutes les fois qu'il en eut la fantaisie. (V. aux Annexes, p. 212.)
Des sénateurs qui vendent ouvertement leurs votes aux ministres, comme M. Delpech ou comme le baron d'Estournelles de Constant, contre des dons manuels ou des pensions illégales — (M. d'Estournelles touche une pension de 8.324 fr., octroyée par décret, pour dix ans de prétendus services diplomatiques) — relèvent de la juridiction pénale. Les relations de M. Maujan, député de la Seine, directeur du Radical, avec l'escroc Lepère, de la Banque centrale de Crédit mobilier et industriel (chèque de 25.000 francs), rappellent la vieille association de M. Ranc, sénateur de VAurore, avec le célèbre Raoul Canivet. On oublie trop que M. Millerand fut le collaborateur et le conseil d'Edouard Portails (1).
(1) Dans un mémento de cette nature, il serait fâcheux d'omettre le petit document suivant :
Les socialistes, qui se présentaient au peuple comme les rénovateurs d'une société pourrie, sautèrent sur les appâts offerts par M. Waldeck- Rousseau. En peu d'années, quelques douzaines
MINISTERE Paris, le 8 mai 1890.