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DES FINANCES

Cabinet du ministre

Déhits de tabac Recettes buralistes

Monsieur le Sénateur,

Vous avez bien voulu recommander M. Dubedat, demeurant à Bourdalat (Gers), qui sollicite une recette buraliste.

M. Dubedat, dont le casier judiciaire mentionne trois condamnations , ne peut justifier de services civils ou militaires ; dans ces conditions, il n'a pas été possible de prendre note de sa demande pour une recette buraliste de l'*^ classe.

Le directeur des contributions indirectes du Gers l'a toutefois inscrit pour un bureau de 2^ catégorie, à sa nomination.

Agréez, monsieur le sénateur, l'assurance de ma haute considération.

Le ministre des finances.

Routier, Transmis à M. Dubedat

sentiments dévoués,

D^ LOURTIES,

sénateur Monsieur Lourties, sénateur.

d'aventuriers, professeurs ou prêtres défroqués, queues-rouges de cabarets montmartrois, souteneurs de filles inscrites, avocats chassés du barreau, qui n'avaient point de semelles à leurs bottes ni de chemises après leur faux-col, se trouvèrent pourvus de villas, d'équipages, de copieux comptes courants.

Ce fut une réclame inattendue pour le Socialisme.

Dans ses News jrom Nowhere, WilHam Morris garantit que, chez les bienheureux sociaHstes de l'âge futur, les femmes de quarante-six ans n'en paraîtront que vingt- trois, tant leur vie sera paisible et confortable. Du coup, toutes les femmes adhèrent à la nouvelle doctrine. Mais c'est une prédiction de poète.

Au lieu que l'enrichissement merveilleux des politiciens socialistes, en l'espace de deux légis-

C'est tout un régime pris sur le vif.

La biographie de M. Rouvier serait une mine inépuisable. Notons seulement, comme une des plus merveilleuses, l'affaire Sourbé-Cadiot-Rouvier, sur laquelle il faut lire le Journal officiel (séance du 3 juillet 1889), et le rapport de la 16® commission des Pétitions (n^ 2228 ; annexe au Feuilleton 455, du 18 janvier 1906). (Voir aux Annexes, p. 212).

latures, par la seule vertu du mot socialisme, est un fait acquis. Tout le monde les a connus dans la misère ; tout le monde les voit millionnaires, châtelains, « ventres dorés ». Comment tout le monde ne se ferait-il pas socialiste ?

Vingt-cinq mille francs de rente au sociaKste Mirman, directeur de l'Hygiène publique ; cent cinquante mille francs de rente au socialiste Augagneur, satrape de Madagascar, où il règne « militairement » ; quatre-vingt mille francs de rente au socialiste de Hault de Pressensé, trésorierpayeur général de la Haute-Loire ; et la jouissance des palais, des mobiliers, des laquais nationaux ; et les chevaux, les équipages ; six carossiers et deux destriers pour le seul Augagneur ; et la « gratte » ; et mille sinécures, fonctions, pensions pour les frères, les fils, les neveux, les cousins, les camarades, le bâtard de l'apothicaire (1). Le socialiste Fournière est bombardé « professeur de socialisme à l'Ecole Polytechnique ! «

(1) Le 1er juin 1906, le Conseil d'Etat dut annuler les nominations suivantes, toutes signées du ministre Combes, président du Conseil :

M. Chapuis, employé à la Manufacture des tabacs, avait

Le citoyen Mas, ex-député de Montpellier, devient inspecteur général de l'enseignement primaire (14.000 fr.) . Le citoyen Labussière, député blackboulé de Limoges, est nommé trésorier-

été nommé rédacteur du ministère de l'Intérieur par arrêté du 16 décembre 1904 ; neuf jours après, promu inspecteur de l'assistance publique ; vingt-cinq jours après, promu souschef de bureau à l'Intérieur. En un mois, il avait franchi les étapes de huit années.

M. Landrut avait été nommé rédacteur, le 21 janvier 1905, sans concours et sans avis des directeurs.

M. Lacroisade, nommé rédacteur le 16 février 1898, n'avait pas subi le concours prescrit par décret du 8 mars 1897. M. Combes, président du conseil, avait fait un faux, et daté son arrêté du 16 février 1897.

A l'audience où ces nominations furent annulées assistait Edgard Combes, introduit lui-même dans le Conseil d'Etat par un acte de pareille impudence.

Les décisions du Conseil d'Etat, d'ailleurs, demeurèrent platoniques ; déjà M. Chapuis se trouvait nommé percepteur hors classe (placé à Juvisy-sur-Orge, 16.000 fr.), et M. Landrut, secrétaire de la commission de contrôle de la régie du gaz à la Préfecture de la Seine.

Ces exemples sont pris entre dix mille. Toutes les fonctions qui nourrissent leur titulaire sont distribuées entre les fils, neveux, gendres et cousins, courtiers électoraux des politiciens. Les fonctionnaires de carrière sont sûrs de n'avancer jamais. Tous les secrétaires des ministres ou ex-ministres sont en même temps percepteurs ou receveurs, et touchent de considérables salaires sans remplir leurs fonctions.

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payeur général à la Réunion (50.000 fr.) . M. Sigismond Lacroix, directeur de l'asile de Ville- Evrard, etc.. Le citoyen Jaurès inaugura sa carrière politique en faisant nommer sous-préfet son beau-père, qui était marchand de fromages. Dans les premiers jours d'avril 1906, des ouvriers furieux brûlèrent le château de M. Riquier, leur patron, à Fressenneville (Somme). Les journaux observèrent que le patron avait manqué de prudence et de psychologie, en étalant son luxe sous les yeux mêmes des travailleurs qui l'avaient produit. Les riches socialistes sont plus sages. L'ex-associé du citoyen Jaurès aux Ceyit Mille Paletots, devenu propriétaire d'usine en Seine-et- Marne, achète châteaux et domaines (1) dans le

(1) Quelques années plus tôt, ce millionnaire de la sociale couchait sous les ponts, et vociférait dans les cabarets ce chant de sa composition :

Da-ns vos estomacs bedonnants Nous ferons, bourgeois ruminants.

Plus d'une entaille :

La lutte sera sans merci !

Nous aurons le cœur endurci

Dans la bataille !

Voir aussi la collection du Chambard, par le même.

Loiret : les forçats de la Chair-aux-Gens n'en ont pas le spectacle provocateur.

Le 5 avril 1906, le Figaro dénonçait le citoyen Colly, conseiller municipal socialiste de Bercy, comme spéculateur à la Bourse et patron d'un journal financier. Mais le même Figaro ne fait jamais figurer dans ses propres colonnes la signature du citoyen Henri Turot, conseiller municipal collectiviste révolutiomiaire du XVIII® arrondissement, secrétaire du groupe socialiste à l'Hôtelde- Ville, et lié par un contrat qui vaut une mine au journal de la rue Drouot.

Le Figaro, après avoir démoli l'Etat-Major, (1)

(1) Le Figaro mit en train l'affaire Dre3rEus par la reproduction des fameuses lettres d'Esterhazy ; et il porta le dernier coup à l'Etat-Major par la publication de l'enquête de a cour de cassation.

La fameuse phrase du « drapeau planté dans le fumier après une fête de caserne — phrase tant reprochée au professeur Hervé, — appartient réellement à un des principaux rédacteurs du Figaro, M. Abel Hermant.

Cet écrivain bien pensant, ayant dépeint {Cavalier Miser ey) l'orgie par laquelle on accueille les recrues et la saoulerie générale, conclut par ce trait :

« Dans le quartier sombre, silencieux, gigantesque, le Régiment dormait d'un sommeil unique et ronflait d'un

le Drapeau et l'Année pendant TAffaire Dreyfus, a repris une allure violemment réactionnaire :

La liste de ses abonnés, disent les prospectus, est le livre d'or de l'aristocratie, de la bourgeoisie la plus riche, de la haute industrie, de l'armée...

Le Figaro a combattu de toutes ses forces la séparation des Eghses et de l'Etat, l'impôt sur le revenu ; il a organisé la résistance à l'œuvre d'oppression et de destruction... Etc.

Quelle peut bien être la fonction, dans une telle entreprise, d'un élu socialiste (parti unifié), qui collabore d'autre part à la Petite République ? Quel genre de concours le Figaro, intermédiaire naturel des grands entrepreneurs et des grands spéculateurs, paye-t-il si cher à un conseiller municipal révolutionnaire, secrétaire du groupe socialiste ? Les électeurs les plus obtus le devinent. Les gens d'affaires ne donnent rien pour rien. Quand ils garantissent une rémunération princière, c'est qu'on leur livre beaucoup de choses en échange.

En 1905, la première chambre du Tribunal de la

même soufifle, comme une bête immonde accroupie dans son vomissement. »

Les délations du Figaro, contre les anti- militaristes n'ont pas grande autorité !

Seine a constaté qu'un M. Isabey avait touché 225.000 francs de commission, et qu'un M. Merlin devait légitimement toucher 75.000 francs de courtage « pour la campagne de presse qui a déterminé le Conseil municipal de Paris à faire l'acquisition du domaine de Bagatelle )>. Si les propriétaires du domaine de Bagatelle avaient loué des élus socialistes à l'année, comme le Figaro, ils s'en fussent tirés à meilleur compte.

A la même époque, un financier connu se plaignait à tous les échos d'avoir distribué 625.000 francs pour empêcher le vote de la régie du gaz, et d'avoir été « roulé ».

Avant la période électorale de 1906, un député du Midi refusa de « céder son siège » à un collègue contre 60.000 francs comptant et une place dans une grande Compagnie. Car les 9.000 francs de l'indemnité parlementaire ont cette précieuse propriété qu'ils permettent au représentant du peuple de vivre sur le pied de cinquante mille francs de rentes, et de mettre une petite fortune de côté en quatre ans. La multiplication des pains par Jésus-Christ n'était rien auprès de cette multiplication des écus,

Un député s'entend avec le secrétaire général d'une colonie pour faire signer par le gouverneur une concession de transports au profit d'un colon. Le concessionnaire verse 30.000 francs de commission au député, 10.000 francs au secrétaire général. Mais il faut des capitaux pour exploiter la concession. Le député se charge de réunir 200.000 francs ; le concessionnaire lui allouera seulement 25.000 francs de courtage, 25.000 francs à l'administrateur de son journal, et prendra 25.000 francs d'actions dudit journal. Avec les 125.000 francs restants, le député se fait fort de procurer le matériel roulant « qu'il obtiendra dans de bonnes conditions chez des industriels, ses amis ». Les opérations traînent ; le concessionnaire est déchu, et ruiné. Le député recommence avec un autre.

Une croix d'honneur {sic) se paie de vingt à deux cent mille francs, selon le client. Un avancement dans la magistrature ou dans l'armée, un simple changement de poste ou de garnison pour des commodités de famille, de deux à dix mille francs. Pour la remise d'une amende ou l'abandon d'une poursuite judiciaire, pour le dépôt ou le retrait d'une proposition de loi, d'un amendement,

d'un ordre du jour, pour l'intervention ou le silence dans une validation d'élection ou dans une discussion d'affaires, de tarifs, de conventions, les prix varient suivant l'importance des intérêts en jeu et l'influence de l'honorable législateur.

La Gazette des Tribunaux publiait, en décembre 1903, le mémorable document que voici :

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