‹ Lévolution de l'éducation dans les diverses races humaines;Chapitre 106 sur 129 · VI. — Uévolution pédagogique en Grèce · texte numérisé non relu

VI. — Uévolution pédagogique en Grèce

Les faits, que je viens de résumer, permettent, en dépit de bien des lacunes, de se représenter l'évolution pédagogique, telle qu'elle s'est déroulée en Grèce, au cours des siècles. Jusqu'ici aucun pays, aucune race ne nous ont fourni un ensemble de renseignements aussi complet.

Tout d'abord on ne risque guère de se tromper, en affirmant que la première éducation intentionnellement donnée a été l'éducation physique, l'éducation athlétique et guerrière, à laquelle, même en pleine floraison civilisée, la Grèce n'a cessé d'attacher un grand prix. Une autre

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branche de Téducation hellénique doit être tout aussi ancienne ; je veux parler de ce qu'on appelait en Grèce la viusique. Accoutumés que nous sommes à nos systèmes d'éducation moderne, si incomplets pourtant dans la plupart des pays civilisés, nous sommes surpris du rôle capital, que jouait la musique dans la pédagogie de la Grèce ancienne. C'est qu'il y avait là une coutume traditionnelle, dont l'origine devait remonter à l'âge lointain des clans préhistoriques. — Dans un précédent ouvrage (i), j'ai montré, en accumulant les preuves à l'appui, combien, dans les clans primitifs, les grossières représentations scéniques, toujours et à la fois mimiques, chorégraphiques et musicales, ont fortifié les liens sociaux, en vulgarisant et revêtant d'une forme esthétique les traditions et conceptions primaires. Pour tous les membres, jeunes et vieux, des clans anciens, ces opéras-ballets constituèrent un puissant moyen d'éducation sociale. Ce fut dans ces festivals, que les légendes historiques, les mythes religieux, les premières idées poétiques prirent une forme assez colorée et précise pour se graver dans la mémoire de tous les membres du clan et se transmettre d'une génération à Taulffe. Dans la Grèce historique la fréquence des fêtes, des cérémonies publiques, presque toujours agrémentées de chœurs et de chorégraphie, se rattachait directement aux âges oubliés où ces représentations constituaient le plus clair de la vie mentale collective. Aussi voit-on ces antiques usages persister durant la période historique, alors que la perfection des arts, surtout le développement de la littérature écrite n'en faisaient plus une nécessité.

Entre la préhistoire et l'histoire se place la protohistoire homérique, qui ignore encore l'écriture et tout naturellement a recours au chant, plus particulièrement aux

(1) V Évolution littéraire.

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