‹ Lévolution de l'éducation dans les diverses races humaines;Chapitre 107 sur 129 · CH. XVI. — L ÉDUCATION EN GRÈCE · texte numérisé non relu

CH. XVI. — L ÉDUCATION EN GRÈCE

poésies chantées pour inculquer aux enfants et aux éphèbes le trésor des mythes, des légendes, des notions morales, qui formaient le patrimoine mental de la race. Les rhapsodes homériques s'acquittaient spontanément de cette fonction auprès de qui les voulait écouter et les enfants des grands recevaient certainement des leçons de maîtres particuliers, dont le précepteur d'Achille, le savant Chiron, est le type. On ne renonça point à celte méthode, en sortant de Tanalphabétisme; l'écriture fut seulement un procédé de transmission, qui conférait à renseignement plus de précision et d'ampleur.

Pour fixer les notions jugées importantes, la forme rythmée était jugée tellement indispensable, que les premiers ouvrages scientifiques et philosophiques s'écrivirent en vers et ne s'affranchirent que du chant et de la musique. Xénophane, Parménide, Empédocle composèrent ainsi des poèmes philosophiques et plus tard nous voyons encore Lucrèce donner, à leur exemple, une forme poétique, mais d'une immortelle beauté, à l'exposition du système épicurien des atomes, alors qu'il composa pour les Romains son livre de la N<i.ture des choses. Ce ne fut pas sans quelque effort que la prose sérieuse réussit à se dépouiller des ornements poétiques. Hérodote fut le premier historien en prose, en vraie prose plate; mais plus d'une page de Platon semble encore regretter le rythme. Au contraire Socrate et salignée de sophistes ontdéfinitivement divorcé avec la poésie. C'est qu'alors la science est née; la géographie, l'histoire naturelle, l'astronomie, les mathématiques ont pris corps et elles ne s'adressent plus au sens musical, mais bien à l'entendement et à la raison.

L'enseignement des sciences et de la philosophie fut le couronnement de l'éducation grecque; mais la pédagogie n'en continua pas moins à s'appuyer sur ses bases premières, la gymnastique et la musique, en entendant cette

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dernière dans le large sens hellénique. — Dans ses grandes lignes, révolution pédagogique en Grèce a donc été complète, au moins dans Tintention ; puisqu'elle a voulu fortifier le corps et en augmenter la beauté, cultiver le sens esthétique, enfin inculquer des notions morales, scientifiques et philosophiques; en résumé, développer le corps, le cœur et l'esprit, c'est-à-dire remplir la tâche, que doit embrasser tout sérieux système d'enseignement.

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