Porter, Ilist. univ. des voyages, t. XVI, p
LA MORALE BESTIALE
lous côte à côte sous une même natte et généralement nus
Pourtant les femmes mariées, c’est-à-dire appartenant à un homme, ne devaient pas, en théorie, lui être infidèles sans son autorisation expresse ; mais l’homme était libre de prêter ou de louer sa ou ses femmes, comme bon lui semblait, et le devoir de la femme était d’obéir. D’autre part, toujours l’ami intime, le laïo, avait des droits conjugaux sur les femmes de son ami et souvent les femmes étaient communes entre tous les frères ou même les parents
Aux femmes des chefs une certaine retenue était bien imposée par leurs propriétaires; mais la masse, dit Cook, « n’avait aucune idée de l’indécence ; ils satisfaisaient en public leurs désirs et leurs passions avec aussi peu de scrupule que nous apaisons notre faim en mangeant avec nos parents et amis ^ ». Olîrir une femme ou une fille à un visiteur à qui l’on voulait faire fête était un acte de simple politesse, et l’habitude était d’en profiter sur-le-champ, en présence de tout le monde. Parfois même on appelait pour la circonstance un musicien, qui jouait, comme accompagnement, un air soufllépar une narine sur la flûte polynésienne. On peut lire dans la relation de ilougainvillc un récit coloré d’une scène de ce genre.
Ces mœurs, si étranges pour notre morale européenne, ont été décrites en détail par un grand nombre de navigateurs : Wallis, Cook, Bougainville, La Pérouse, Vancouver, Porta, Marchand, Kotzebue, Moerenbout, Dumont d’Urville, etc. A leur sujet aucun doute n’est possible.
A l’arrivée de chaque navire européen, les mêmes scènes
1. Cook, Ilisl. vniv. des voyages, t. V, p. 252. — Moerenhout, Voyage aux îles, t. I*'', p. 263.