E\l\s, Polynesian Researr.hes, t. III, p
3. Cook, Premier voyage (Hist. univ. des voyages, t. V, p. 252).
se rcnouvelaienl invariablement. Des pirogues cliargées de lemmes voguaient vers le vaisseau, et les pas.sagères trafiquaient de leurs personnes pour un clou, une plume rouge, une chemise, un miroir, un colifichet quelconque. Les hommes, pères ou frères, souvent les maris, leur donnaient au départ des instructions relativement au prix qu’elles devaient demander. Celles qui n’avaient pu trouver place dans les embarcations gagnaient le navire à la nage et grimpaient, toutes nues, non seulement sur le pont, mais même dans la mâture L Dans les promenades ou visites, que faisaient les officiers européens à terre, constamment les femmes ou s’offraient elles-mêmes ou étaient offertes par les ayants droit. « Ils ne comprenaient pas, dit Bougainville, l’embarras que nous en éprouvions. »
Rien ne serait plus facile que de citer à ce propos un grand nombre d’incidents curieux, d’anecdotes piquantes. Je m’en tiendrai là. La brève description, que je viens de donner de ces mœurs singulières, suffit à prouver que les Polynésiens, c’est-à-dire toute une race humaine, étaient étrangers au sentiment de la pudeur. Or il ne s’agit pas ici de gens stupides, comrneles Mélanésiens inférieurs d’Australie et de Tasmanie. La race polynésienne était enfantine, mais intelligente. Certains de ses représentants, les Havaïens, par exemple, se sont pliés avec une remarquable facilité à la civilisation européenne qui d’ailleurs les tue. Néanmoins, sur ce point particulier, les Polynésiens avaient conservé toute l’absence de scrupule des animaux et des populations absolument primitives.
Des traits du même genre ont été signalés chez quantité de peuplades inférieures ; les Hottentots traitent leurs femmes comme des animaux, et les prêtent sans scrupule aux étran-