‹ L’évolution de la moraleChapitre 104 sur 372 · Marchand, Uisl. univ. des voyages, t. XV, p. 3i · texte numérisé non relu

Marchand, Uisl. univ. des voyages, t. XV, p. 3i

LA MORALE BESTIALE

gers pour un peu de tabac. lisse souciaient plus, disaient-ils, de leurs moutons que de leurs femmes. Chez les Namaquois, l’une des jeunes fdles et des plus jolies s’offrit au voyageur anglais Alexander pour un mouchoir de coton h — En Amé- ! rique, chez les Nandowessies, tribu peau-rouge, une femme, raconte le voyageur Carver, acquit une grande considération pour avoir hébergé et traité en maris les quarante principaux guerriers de la tribu. Et il ne s’agissait pas là d’une excentricité individuelle, mais bien d’une coutume, quelque peu tombée en désuétude, mais antique'.

Que la liberté amoureuse la plus grande ne soit pas réputée criminelle chez des populations, qui, par nombre de traits moraux, se rapprochent encore de l’animalité, il n’y a là rien qui doive beaucoup étonner.

Ce qui est plus surprenant, c’est de rencontrer, chez ces races inférieures, des écarts génésiques, que nous sommes habitués à considérer comme un raffinement de corruption. Oi’, ces vices, auxquels un Européen normalement organisé ne peut plus songer sans dégoût, sont très répandus en pays primitif. Les Néo-Calédoniens y sont très adonnés ^ ; les Polynésiens s’y abandonnaient même avec les femmes et, dans leur panthéon, un dieu spécial y présidait. En Amérique, j depuis le pays des Esquimaux jusqu’aux rives de la Plata, toutes les tribus sauvages s’y livraient ou s’y livrent encore.

I Les témoignages abondent et ne laissent aucun doute à ce j sujet. Il semble donc que, dans nos sociétés européennes, les faits de ce genre soient non pas des aberrations de civilisé, mais bien plutôt des retours ataviques vers les instincts sauvages.

t. J.-E. Alexander, Expéditions into the Interior of Africa, passim,

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