J. L’hermilte, IHst. univ. des voyages, t. XVII, p
i). La Pérouse, Hist. univ. des voyages, t. XII, p. 194.
En 1498, àl’île de la Trinité, Christophe Colomb trouva les femmes entièrement nues, tandis que les hommes portaient une étroite bandelette appelée rjuayouco. A la môme époque, sur la côte de Paria, les fdles se distinguaient des femmes mariées par leur complète nudité. Même absence de costume chez les Chaymas*, et Du Chaillu l’a aussi trouvée au Gabon chez les Achiras^ On sait d’ailleurs combien est succinct dans toute l’Afrique noire le vêtement des femmes. Celui des hommes l’est souvent davantage encore. Parfois il manque, comme chez les Dinkas, qui, lors du voyage de Schweinfurth, se glorifiaient de leur totale nudité et appelaient dédaigneusement le voyageur « la dame turque », à cause de ses vêtements ^
J’arrêterai ici cette énumération, qui pourrait être beaucoup plus longue. En la faisant, mon but n’a été en aucune façon de grouper des faits étranges et choquants pour notre morale européenne. J’ai voulu seulement bien éclairer ce côté des mœurs primitives, qui sûrement ont été celles de nos lointains ancêtres.
Or, de ces faits résultent quelques données générales, fort importantes pour l’étude des origines de la morale.
Le règne animal tout entier ignore la pudeur, et pourtant l’amour, considéré comme sentiment exclusif, ne semble pas étranger à tous les animaux. La délicatesse, avec laquelle les mâles de certaines espèces d’oiseaux courtisent et aiment leurs femelles, peut faire honte non seulement à l’humanité sauvage, mais même à beaucoup de soi-disant civilisés. Pour la perruche illinois (Psittacus pertinax), veuvage et mort sont synonymes; mais même, quand ils sont des monogames constants, les animaux ne connaissent pas la pudeur. Pour-