I. Bonwick, Daily Life, etc., p
à la petite patrie que l’on s’était adjugée, et dont les IVonlières étaient toujours très vaguement délimitées. Cliez les Indiens d’.'Vmérique, nous dit Mollien, c’était là la cause la plus habituelle des guerres^, et il en est de môme dans toutes les sociétés primitives.
Mais l’amour de la propriété et l’indignation contre le voleur naquirent encore d’une autre cause, antérieure môme à toute organisation sociale. La propriété la plus primitive fut sûrement la femme capturée ou achetée par un ou plusieurs hommes. Tant que la jeune fille était sans propriétaire, toute liberté lui était laissée : l’homme primitif ne i-affine pas sur les mœurs. 11 en fut tout autrement dès que, conquise ou cédée, elle fut traitée comme un animal domestique, une chose, sur laquelle on avait tous les droits. Cette cession d’ailleurs se faisait fréquemment par les parents sous une forme tout à fait commerciale, contre du gibier, du poisson, du travaiP. Dès lors les écarts non autorisés de la femme, furent châtiés avec plus ou moins de sévérité et son complice fut considéré comme coupable d’un acte fort blâmable. C’était l’idée de l’utile sous sa forme la plus élémentaire et la plus égoïste. « On commet une mauvaise action, disait un Bochiman, quand on m’enlève ma femme; je fais une bonne action quand je ravis la femme d’un autre. » Cela est simple et franc, mais avons-nous bien le droit de rire de cette définition? Elle diffère moins en réalité qu’en apparence de notre morale pratique sur ce point particulier.
En fait, dans tous les pays primitifs, l’adultère est puni, souvent très sévèrement, mais simplement à tilre de vol. Déjà, nous dit Bonwick, l’infidélité non autorisée était interdite à la Tasmanicnne et brutalement châtiée’, non pas