‹ L’évolution de la moraleChapitre 114 sur 372 · Rink, Taies and Traditions of tlie EsL · texte numérisé non relu

Rink, Taies and Traditions of tlie EsL

LA .MORALE BESTIALE

n’ayant pas de propriétaire et tout homme possédant plus de trois kayaks doit en prêter un à quelque parent ou compagnon. — Toute pièce de bois trouvée sur le rivage appartient à celui qui l’a découverte, mais à la condition qu’il soit assez fort pour la traîner tout seul hors de la limite du flux. — De tout phoque pris à une station d’hiver, de petites parts, coupées de manière à contenir à la fois de la chair et du gras, sont distribuées entre tous les associés, afin que personne ne manque ni d’aliments substantiels ni d’huile poursalampe. »

D’après Ross, les Esquimaux avaient sur la moralité du vol une conception pour nous singulière : selon eux, le vol cessait d’être une action blâmable, quand le propriétaire ne s’apercevait pas de la disparition de l’objet dérobé \ c’està-dire quand on ne lui avait pris que son superflu.

En revanche, dans le sein de la communauté, personne n’a le droit d’être oisif et de consommer du phoque sans en chasser. Pour ne rien donner, mais aussi ne rien recevoir, il faut sortir de l’association et du district où elle vit et qu’elle revendique. L’individu peut alors, à ses risques et périls, se donner le luxe de la propriété privée.

Le droit de propriété privée, que nous sommes habitués à considérer comme caractéristique des races et des sociétés supérieures, est, par une exception singulière, en vigueur chez les Polynésiens et même en Mélanésie. Pourtant, dans ces contrées, la date de son institution ne doit pas remonter bien loin dans le passé. En effet, les Tasmaniens en étaient toujours au communisme primitif- et, en Polynésie, il subsistait encore un certain nombre de coutumes, que, seule, la communauté des biens avait pu engendrer.

A la Nouvelle-Zélande, des petits groupes possédaient en

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