Bonwick, Daily Life, etc., p
commun leurs grands lilels de pêclie el leurs belles étoiles*. D’autres petites sociétés continuaient à pratiquer le communisme absolu, même celui des femmes*.
Aux îles Hawaï, on était si prodigue, si généreux pour ses amis, si empressé à satisfaire tous leurs désirs, qu’on était généralementpauvre^ Al’île King’s Mill, près Samoa, quand un insulaire avait été, à la pêche, plus heureux que ses voisins, ceux-ci, dès qu’il revenait au rivage, entouraient son canot et y prenaient ce que bon leur semblait, à charge de revanche*. Aux îles Marquises, jamais un indigène en course ne se munissait de provisions inutiles; il avait toujours le droit de pénétrer dans une case quelconque, de plonger la main dans le baquet à popoi (purée de fruits de l’arbre à pain) et de se retirer aussitôt rassasié, sans remercier, car il avait simplement usé d’un droit®.
Il semble bien que, par toute la terre, l’humanité ait débuté par le régime de la communauté des biens, fort naturel d’ailleurs, quand on n’a ni troupeaux ni agriculture, et alors que l’individu, étant fort mal armé pour la lutte, a fréquemment besoin d’assistance. Au point de vue de l’origine de la moralité, il n’est sûrement point téméraire d’attribuer à cette phase communiste, dont la durée a dû être fort longue, une part dans la formation de certains instincts altruistes, qui plus tard ont résisté à l’égoïste influence de la propriété individuelle.
Avec l’institution de cette dernière, un nouveau délit, le vol, apparait et, par compensation, une vertu nouvelle, la probité, commence à se former. Les procédés de ce nouveau dressage moral furent des plus simples.
1. Cook, Troisième voyage {Ilist. univ. des voyages, t. VI, p. 191).