‹ L’évolution de la moraleChapitre 150 sur 372 · Düwdicli, Mission to Asclianiee, p · texte numérisé non relu

Düwdicli, Mission to Asclianiee, p

LA MORALE SAUVAGE

qu’au XVI” siècle, avait conservé rinduslrie de l’age de la pierre d’Europe, en avait aussi gardé les mœurs, et ce que nous en savons suffit à nous montrer que nos ancêtres préhistoriques directs avaient tout autant de ferveur monarchique que les Nègres de l’Achanti. A l’avènement de leurs princes, nous dit un vieux voyageur, plusieurs Guanches briguaient la faveur d’être sacrifiés en l’honneur du nouveau roi.

La chose se faisait solennellement. Le monarque donnait une grande fête, pendant laquelle on conduisait au sommet d’une montagne les individus voués, qui de là se jetaient dans un précipice, sur des pointes de rochers*.

b. Tout l’abject cérémonial, toute l’ardeur servile, dont je viens de citer quelques exemples, indiquent assez, qu’en l'égime sauvage, les chefs sont considérés comme des êtres à la fois redoutables et supérieurs au reste de l’humanité. Leurs privilèges doivent donc être exorbitants dans la société qu’ils dominent : ils le sont en effet.

Dans la plupart des archipels polynésiens, le chef avait le droit de domaine éminent dans toute sa rigueur; les inférieurs ne possédaient que sous son bon plaisir et tout ce qui était à sa convenance lui appartenait sans conteste^ Mais ce n’était pas seulement les biens, c’était aussi la vie des inférieurs, qui étaient à la merci des classes dirigeantes. Cellesci usaient aussi naïvement que brutalement de leurs prérogatives.

Elles avaient une foi robuste dans leur essence supérieure. Comme nous l’avons vu, les aliments de choix étaient au spécial usage des nobles, qui pouvaient même tuer leurs inférieurs, selon leur bon plaisir, par pur caprice. A Tonga

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