‹ L’évolution de la moraleChapitre 151 sur 372 · M. Uadiguet, Derniers sauvages, p · texte numérisé non relu

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Cook assista cà run de ces meurtres, et le meurtrier n’était pourtant qu’un clief de second ordre : « Il asséna, dit Cook, un coup si vigoureux sur le visage de l’un des insulaii-es que le sang jaillit par la bouche et par les narines. Le malheureux, qui reçut le coup, tomba sans connaissance; il eut ensuite des convulsions et on l’emporta. Le chef brutal, à qui l’on vint raconter qu’il l’avait tué, ne fit qu’en rire et il ne témoigna pas le moindre regret du meurtre L »

Des mœurs équivalentes étaient en vigueur dans les archipels mélanésiens les plus civilisés, car il semble bien que le premier soin de l’homme, dès qu’il a réussi à sortir de la sauvagerie absolument animale, est d’organiser la servitude sociale. A la Nouvelle-Calédonie, nous avons. vu les chefs avoir sur leurs sujets le plus excessif des droits ; celui de les manger. A Viti, où les chefs jouissaient aussi d’un pouvoir absolu, quand ils avaient daigné honorer de leurs bontés amoureuses une de leurs sujettes et quand il leur plaisait ensuite de la renvoyer, celle-ci n’avait plus le droit de se marier à un autre hommes Aux îles Sambou, la vénération pour les chefs était si grande que marcher sur leur ombre sacrée était considéré comme un crime capitale Même servilité, chez les peuplades sauvages de toute race, dès qu’elles sont organisées en petits groupes ou tribus.

Le grand chef des Natchez était frère du soleil et, à ce litre, avait droit de vie et de mort sur ses sujets*. Par le seul fait de sa naissance, son héritier présomptif devenait propriétaire de tous les enfants, en ce moment à la mamelle®. Les insulaires des Antilles accordaient aussi un pouvoir

1. Cook, TroUième voyage {Hisl. univ. des voyages, t. IX, p. 340).

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