‹ L’évolution de la moraleChapitre 162 sur 372 · Memoirs of Anthropological SocieUj, t. III, p · texte numérisé non relu

Memoirs of Anthropological SocieUj, t. III, p

-i. Ilistory of Madagascar, t. I", p. 150.

Les idées nécessaires de nos métaphysiciens, les notions soi-disant innées du vrai, du bien et du juste brillent par leur absence dans riuimanité sauvage.

La langue de Tongans, comme toutes les langues des peuples peu développés, n’avait pas de mots pour dire « vertu, justice, bumanité, vice, injustice, cruauté, chasteté )>.

Pourtant, en dépit de toute cette grossièreté, on a déjà concu une certaine idée de justice; celte idée est bien informe, bien grossière; elle existe pourtant et elle ira se perfectionnant, s’épurant peu à peu, à mesure que vieilliront les sociétés.

Dans une savante dissertation, M. P. Lafargue s’est efforcé récemment* de démontrer que l’idée de justice est née de la nécessité de partager les terres, de la ligne droite, du besoin de faire des parts égales, lors des périodiques redistributions du sol. Il y a une part de vérité dans cette théorie, que les anciens Egyptiens semblent avoir admise, puisque, dans leur système hiéroglyphique, ils symbolisaient la justice par leur unité de mesure, la coudée. Mais ces lotissements plus ou moins exacts, toute cette primitive géométrie, qui ont en effet laissé de nombreuses traces dans les langues des peuples civilisés, par exemple le mot « rectitude », le mol « juste », qui a un sens en arithmétique et en morale, le mot grec vofAoç, qui vient évidemment de veVw, partager, tout cela n’a pu être inventé que par des sociétés humaines, déjà sorties de la sauvagerie première. Par exemple, il ne saurait y avoir ni géométrie ni partages de terre, là où ragriculturc est inconnue, et pourtant beaucoup de sauvages très primitifs font déjà des distinctions entre ce qui est permis et certaines choses défendues. Comment songerait-on à un partage é(iuilable, si Pou n’avait déjà quelques notions d’équité? Ce n'est

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