Leges Longobardorum, lib. I, lit, XVI
“3i L’ÉVOLUTION DE LA MORALE.
» Si l’on donne à quelqu’un le nom de lièvre, 0 ecus.
» Si on l’appelle vulpic'iila, 3 écus.
» Si l’on appelle une femme p , 45 écus d’or.
» Si l’on traite un homme de hlclie en disant qu’il a fui durant un combat, 3 écus.
» Si, sam preuve, on l’accuse d’ôtre un délateur, 15 écus*.
» Si mulieris veslimenla levaveril, ut usque ad genua denudet, sex (6) solides componat; si eam denudaveril ul geniialia ejus appareant, vel posteriora, duodecima (12) solides.
» Si l’on crève l’œil d’un cheval, d’un bœuf ou d’un quadrupède appartenant à un autre, on payera le tiers de la valeur de l’animal. »
Au pays de Galles (en 914) on payait trois vaches pour un parjure; douze pour l’enlèvement d’une fdle; dix-huit pour celui d’une matrone^
Le titre V de la loi des Frisons est : Des hommes qu'on peut luer sans composition.
D’après les lois des Burgondes, on pouvait tuer un laboureur ou un berger pour 30 écus; un bijoutier pour 150; un orfèvre pour 100, un serrurier pour 50; un charpentier, pour 40, etc.^
J’arrête ici mon énumération. Pour nous, qui avons sur la justice, en général, et sur l’appréciation des divers délits des idées toutes différentes, ces tarifs sont étranges; ils nous étonnent, quand, pour la première fois, nous en entendons parler. Mais, si, comme j’essaye de le faire, on remonte à l’origine des idées que se sont faites sur la justice les peuples de toute race, on voit aussitôt que ces pénalités pécuniaires de l’Europe primitive n’ont rien d’exceptionnel. Elles repré-