‹ L’évolution de la moraleChapitre 18 sur 372 · Darwin, Descendance, etc., p · texte numérisé non relu

Darwin, Descendance, etc., p

L'OIUGINE DES PENCHANTS MORAUX

don, que j’avais adopté tandis qu’il piaillait dans sa coquille intacte, était occupé, la dixième matinée de sa vie, à avaler un bon déjeuner qu’il prenait dans ma main, quand tout à coup le jeune milan, enfermé dans une cage auprès de nous, fit entendre un cri aigu : « Chip! chip! chip! » Le pauvre dindonneau s’élança comme une flèche vers l’autre côté de la chambre, y resta immobile et muet de frayeur jusqu’à ce que le milan poussât un second cri, ce qui le fit courir par les portes ouvertes jusqu’au bout du corridor où il resta muet et accroupi dans un coin. Plusieurs fois dans la journée, il entendit les mêmes sons alarmants et chaque fois il manifesta la même frayeur-.»

Les faits de ce genre sont aussi nombreux qu’incontestables. Ainsi les jeunes chats, séparés de leur mère aussitôt après la naissance et n’ayant jamais vu de souris, grognent et hérissent leurs poils en en voyant une.

L’existence de ces tendances innées ne se peut expliquer que d’une seule manière, par un lent travail d’éducation ancestrale, ayant créé au sein de certaines cellules nerveuses ce que Maudsley appelle « des résidus psychiques », c’està-dire des arrangements moléculaires spéciaux, nécessitant une conduite spéciale dans les conflits avec le monde extérieur.

Mais si ce mode d’interprétation est exact, les instincts des animaux devront varier avec le genre d’éducation ancestrale ; c’est en effet ce qui arrive ; « Il est certain, nous dit G. Leroy -, qu’avant d’avoir pu s’instruire par l’expérience personnelle, les jeunes renards, en sortant du terrier pour la première fois, sont plus défiants et plus précautionnés dans les lieux où on leur fait beaucoup la guerre que les vieux ne

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