‹ L’évolution de la moraleChapitre 195 sur 372 · Hérodote, II · texte numérisé non relu

Hérodote, II

L’ÉVOLUTION DE LA MODALE, tiluéc par la grande masse asservie el travaillant pour tout le monde; au-dessus de cette foule, nourrie par elle et la conlenant, une classe de guerriers; plus haut encore une classe de prêtres, enfin au sommet de la pyramide, un monarque trônant comme un demi-dieu et se targuant d’ailleurs presque toujours d’une extraction divine. Sur les monuments égyptiens les prêtres eux-mêmes sont représentés, prosternés et le front dans la poussière, en présence du roi, tout comme les officiers et gouverneurs de province ^

Le régime politique, corrélatif à une telle organisalion, est toujours le despotisme le plus pur. Tout vient d’en haut ; aucune initiative n’est laissée à l’individu. Toujours aussi la société est comme figée. Les lois sont des ordres célestes; elles sont immuables et indiscutables ün cérémonial rigide enchaîne même le monarque. Tous les actes de la vie royale étaient en Égypte soumis à un règlement invariable : il y avait une heure pour les audiences, une heure pour rendre la justice, pour la promenade, pour le bain, pour la cohabitation. Le régime alimentaire même était fixé ; le roi était astreint à ne manger d’autre chair que celle du veau et de l’oie et à ne boire, chaque jour, qu’une mesure de vin déterminée ^

Mais néanmoins ce potentat, dont les mouvements étaient réglés comme ceux d’un automate, prélevait le cinquième de toutes les récoltes, sauf bien entendu de celles appartenant aux oints du seigneur et aux guerriers * ; son pouvoir était si énorme, que, selon la légende, Ainénophis put faire en Egypte un acte grandiose de sélection. Après avoir ras-

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