Ibid., loc. cit., p
L’ORIGINE DES PENCHANTS MORAUX
tant, chez les vertébrés supérieurs et chez l’homme, est le plus puissant des instincts \ De même, en Chine et en Polynésie, où le chien était élevé spécialement comme animal comestible, ravalé à n’être plus qu’un animal de boucherie, nourri d’ordinaire avec des végétaux, il avait totalement perdu l’antique instinct carnivore de l’espèce ^
De même, si l’on prend la peine de domestiquer les lapins de garenne, ils finissent, après quelques générations, par ne plus songer à creuser des terriers Un très petit nombre de générations suffisent quelquefois à opérer ces métamorphoses. Ainsi une poule, à qui l’on avait fait couver, trois fois de suite, des œufs de canard, poussait consciencieusement, dans l’eau d’un ruisseau, de véritables poussins qu’on lui avait enfin permis d’élever ; tant ses instincts étaient bouleversés U L’éducation artificielle, l’intervention de l’homme suffisent donc à perturber, chez certains animaux, les instincts les mieux fixés; bien plus, il en peut résulter l’éclosion de tendances nouvelles, comme le prouvent nombre de faits d’observation. — Une panthère apprivoisée, toujours bien traitée, et à laquelle on avait eu soin de ne jamais donner d’animaux vivants à dévorer, rentrait poliment ses redoutables griffes en présentant la patte : elle faisait patte de velours, comme un cbat^
L’aboiement de nos chiens domestiques semble bien être une sorte de langage acquis, grâce à la longue et intime cohabitation, au commerce d’amilié avec l’homme. En effet, les chiens sauvages n’aboient pas; les cbiens des Peaux-