‹ L’évolution de la moraleChapitre 200 sur 372 · G. Maspéro, loc.cil., p · texte numérisé non relu

G. Maspéro, loc.cil., p

2. Lepsius, Denkm,t. II, p. 122 (cité par G. Maspéro, loc. cil., p. 121).

L’ÉVOLUTION DE LA MORALE, un bien qui doit être digne de son possesseur. Ne sois pas brutal b » On sait, d’autre part, que l’intempérance et l’ivrognerie figuraient parmi les quarante- deux péchés capitaux des Égyptiens; ils avaient donc un assez vif souci de la dignité morale.

Ailleurs éclate une certaine compassion pour les artisans surmenés et c’est là un sentiment tout à fait nouveau ; « J’ai vu le forgeron à la gueule du four. — Ses doigts sont rugueux comme des objets en peau de crocodile; il est plus puant qu’un œuf de poisson, d Puis vient le maçon ; « Ses deux bras s’usent au travail ; — ses vêtements sont en désordre; — il se ronge lui-même; — ses doigts lui sont du pain; — ... Il

se fait humble pour plaire. »

« Le tisserand, dans l’intérieur des maisons, est plus malheureux qu’une femme. — Ses genoux sont à la hauteur de son cœur; il ne goûte pas l’air libre. — Si un seul jour il manque à fabriquer la quantité d’étoffe réglementaire, il est lié, comme le lotus des marais. — C’est seulement en gagnant par des dons de pains les gardiens des portes, qu’il

parvient à voir la lumière. »

(( Le teinturier, ses doigts puent l’odeur des poissons pourris ; — ses deux yeux sont battus de fatigue; — sa main ne s’arrête pas. — Il passe son temps à couper des baillons; — c’est son horreur que les vêtements. — Le cordonnier est très malheureux; il mendie éternellement; — sa santé est celle d’un poisson crevé; il ronge le cuir". »

Ces tableaux succincts, mais si colorés, nous donnent évidemment l’idée d’un travail servile, obligatoire. C’est, en effet, le régime auquel est soumis le travailleur dans toutes les monarchies barbares. Néanmoins, quoique despo-

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