Ibid., Fargard, IV, v
LA MORALE BARBARE
ni inimitié, ni infidélité, ni méchanceté, ni tromperie, ni bassesse, ni affliction h »
Je n’ai jusqu’à présent signalé que les côtés humains, pratiques, du code des Mazdéens ; mais les absurdités n’y manquent pas ; il n’en saurait être autrement dans une législation avant tout cléricale. Les préceptes d’ordre purement religieux se mêlent dans une très forte proportion aux articles simplement utilitaires. Le chien, par exemple, gardien des troupeaux, des maisons, des moissons est évidemment un animal fort utile ; les Mazdéens semblent ne l’avoir domestiqué que depuis peu, car le code parle de chiens muets, c’est-à-dire n’aboyant pas encore. Si précieux pourtant que soit ce fidèle auxiliaire de l’homme, ce n’est pas un demi-dieu ; or les pieux rédacteurs de VAvesta le traitent comme tel. On a pour lui, en effet, beaucoup plus d’égards que pour la femme. Cette dernière, quand elle a eu le malheur d’accoucher d’un enfant mort-né, est une créature souillée et, s’il lui arrive alors de boire, cédant à une soif ardente, de l’eau « venant des prêlres suivant les formules liturgiques » elle encourt deux cents coups d’aiguillon L
Au contraire, on mérite la même punition, si l’on prive d’aliments un chien de berger L Quant aux attentats à la personne du chien, ils sont considérés comme d’inexpiables crimes : « Si quelqu’un tue un chien, gardien des troupeaux ou des maîtres, un chien de garde personnelle ou un chien habilement dressé, son âme s’en ira de ce monde dans le monde futur, en poussant des cris et plus en détresse encore qu’un loup L »