‹ L’évolution de la moraleChapitre 209 sur 372 · Ibid., XIII, V · texte numérisé non relu

Ibid., XIII, V

On devient criminel, si l’on donne à un chien des aliments trop chauds qui lui brûlent la gueule, des os trop durs qui lui blessent la gorge

La chienne grosse est une personne sacrée ; « Le troisième des actes, que commettent les mortels et qui ne sont point effacés par le repentiret l’expiation, est celui de l’homme qui frappe une chienne n’ayant pas encore mis bas ou qui la fait fuir précipitamment ou pousse des cris ou lève le pied sur elle. Si cette chienne tombe dans un trou ou dans une citerne, dans un précipice, dans une rivière ou dans l’eau d’un canal et s’il lui arrive quelque accident, si elle est blessée par là, cet homme devient criminel ^ »

Aux yeux du rédacteur de ce code si curieux, la femme était évidemment bien moins intéressante que la chienne.

Plus tard, cjuand nous aurons terminé notre voyage d’exploration à travers toute la série des civilisations, depuis lapins lointaine antiquité jusqu’à nos jours, j’essayerai, dans une leçon spéciale, de caractériser l’influence que l’esprit religieux de tous les temps et de tous les pays a exercée sur la morale. Nous verrons alors que cette influence, presque toujours néfaste, a consisté à s’écarter du sens pratique, à faire prédominer l’exacte observance de formalités singulières ou inutiles sur la morale vraiment utile.

Quant à présent, j’ai à m’occuper spécialement de la Perse.

Les prêtres mazdéens nous ont renseigné au sujet de la morale théologique de leur pays ; par les historiens de l’anquité nous en connaissons le régime politique. C’était la rigide organisation de toutes les grandes monarchies primitives : quatre castes fermées, celles des prêtres, des guer-

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