Zend-Avesla, Fargard, XV, v
2. Ibid., Traduction de G. de Ilarlcz. Fargard, XV, v. 16, 21.
LA MORALE BARBARE
l'iers, des laboureurs et des artisans, plus une masse d’es- (,‘laves ; enfin trônant sur le tout, un monarque omnipotent.
Du temps de Cyrus, de Darius, de Xerxès, le roi des Perses s’appelait par excellence le grand Roi ». Sa volonté, son caprice, ne se discutaient pas : « Entendre c’était obéir. » Darius envoyait dans ces provinces des missi dominici, des officiers appelés les yeux et les oreilles du roi. Un rapport défavorable de ces satellites, un soupçon de désobéissance suffisaient à perdre un satrape, qui était ou déposé ou condamné à mort sans procès, et alors le soin de l’exécuter était laissé aux gens de sa suite f Hérodote rapporte que, pendant les préparatifs de l’expédition de Xerxès en Grèce, le Lydien Pythias, ayant eu l’audace de demander au monarque la faveur de garder près de lui son fils aîné, offrant d’ailleurs ses quatre autres fils, Xerxès fit sur-le-champ couper en deux le jeune homme pour lequel on intercédait^ C’était sous les coups de fouet que les troupes persanes défilaient devant le maître.
Les siècles se sont écoulées, la religion des Perses a changé, mais en dépit des révolutions historiques le plus dur despotisme monarchique n’a cessé de peser sur la mallieureuse nation persane. Le mahométisme n’a guèi‘e modifié, dans ce pays, le régime servile. Il y a peu d’années encore, le schali de Perse était aussi omnipotent que Xer.xès. Tout le code persan, dit Fraser, se résume en une courte formule : « C’est la volonté du schali ». Au-dessous du maître s’échelonne toute une hiérarchie de tyrans siihalternes, mi-partie esclaves et despotes. Enfin, supportant le tout, vexée, rançonnée, maltraitée à plaisir, une masse asservie de culti-
1. G. Maspéro, //isloîj’e ancienne des peuples de l’Orient, p. 5i5.