Hérodote, t. VII, p. 38-3'J
valeurs nourrit tout le monde, essayant d’esquiver, à force de ruses, les impôts et les rançons ^
Dans une relation publiée à Saint-Pétersbourg en 1819, un officier français, Gaspard Drouville, qui avait séjourné trois ans en Perse, confirme et complète les assertions de Fraser.
Toute la population, dit-il, appartient au roi. Chacun s’honore d’ôtre son esclave, le litre de kouly (esclave) précède le nom de beaucoup de grands seigneurs Le schah dispose à son gré des femmes de toute condition ; la préférence accordée par lui à une femme ou à une fille est considérée comme une faveur par le père ou le mari ».
Même les prescriptions religieuses fléchissent devant la volonté royale ; l’usage du vin devient licite aux croyants, quand le monarque en décide ainsi ; sa fantaisie fait loi L En principe le roi est le grand . justicier ; il juge surtout les grands ou les affaires de haute importance, prononçant des arrêts sans appel et sur-le-champ exécutoires. Les peines les plus ordinaires sont : la mort, famputation du nez ou des oreilles. La peine correctionnelle est la bastonnade sur la plante des pieds; on la prodigue. Lors du voyage de Drouville, il était peu de ministres qui ne l’eussent subie. Les courtisans supportaient fort galamment cette correction paternelle; ils n’en rougissaient en rien; car être puni par le maître n’était pas un déshonneur^ : tout était juste, quand ce dernier favait voulu. Le schah, dit G. Drouville, fit bàlonner le receveur général de la province d’Aserbijan, person-
1. Fraser, Ilist. univ. des voyages, t. XXXV, p. 70. 88, etc.