Ibid., t. I", p. 255, p
LA MOUALE BARBARE.
nage fort éminent, non pas pour ses exactions, mais pour n’en pas avoir versé une partie dans le trésor du maître
Il y a pourtant, en Perse, des juges, des cadis, des gouverneurs, qui, dans les causes ordinaires, rendent des arrêts, mais tous, dit Fraser, sont achetables et les crimes les plus affreux sont absous pour quelques tomans^.
Du temps de Fraser, le talion était encore en vigueur en Perse. Le volé pouvait faire grâce au voleur; le meurtrier d’un jeune homme fut mis à la discrétion de la mère de sa victime et celle-ci le perça de cinquante coups de couteau, après quoi elle se donna le plaisir dépasser sur ses lèvres la lame ensanglantée 3.
La pénalité était des plus barbares. Autrefois, en vertu de la vieille loi du talion, le voleur était puni par l’amputation du poignet. Lors du voyage de Drouville, la peine capitale était édictée contre le vol, l’assassinat, le viol, la rébellion, la trahison. L’homme convaincu d’adultère était mis à mort ; la femme, enfermée vivante dans un sac et jetée à l’eau. Le sodomiste, que le Coran punit seulement de trente coups de bâton, encourait la peine de mort et, ce néanmoins, les grands étaient fort adonnés aux amours contre nature L
Les peines les plus habituelles sont sauvages : la décapitation, la. strangulation, l’amputation des oreilles, du nez, du poignet, l’arrachement des yeux. Les khans, les propres frères du roi, sont tout spécialement exposés à subir la privation de la vue ; c’est une mesure de précaution que prend tout nouveau monarque, en montant sur le trône. Fraser vit, un jour, un jeune prince persan s’exerçant à la cécité et