‹ L’évolution de la moraleChapitre 22 sur 372 · Franklin, /oc. cil., l. l, p · texte numérisé non relu

Franklin, /oc. cil., l. l, p

A. Romanes, Évolution mentale des animaux, p. 232.

L’ORIGINE DES PENCHANTS MORAUX

rence essentielle. Tous, ils résultent de l’accoutumance, de l’action persistante du milieu extérieur pour les uns, de l’éducation imposée par l’homme pour les autres.

C’est surtout sur le chien, qu’il est facile d’étudier ces instincts, si incontestablement acquis.

En effet le chien est le plus antique compagnon de l’homme. Excepté à la Nouvelle-Calédonie et dans quelques autres petits archipels de la Mélanésie, on a rencontré « l’ami de l’homme » partout où l’humanité était représentée, si humblement que ce fût. Le premier des animaux domestiques, le chien a été aussi le seul dont l’existence se soit en quelque sorte fondue avec celle de l’homme. Mais cette cohabitation, plus que millénaire, a profondément modifié la nature morale du chien; il en estrésulté la disparition de certains instincts, la formation de certains autres, même l’apparition de tendances spéciales, devenues innées, et particulières à cer taines races canines.

Nous citerons quelques-unes de ces particularités ;

En Amérique, les descendants de chiens, dressés de longue date à la périlleuse chasse du pécari, savent d’instinct la tactique à suivre; les autres se font dévorer L

Les jeunes chiens d’arrêt, chassant pour la première fois, arrêtent à tort et à travers, devant des moutons, des pierres blanches, un nid, etc. : il existe dans leurs centres nerveux un penchant organisé, incarné, qui les poussent à tomber en arrêt; mais ce penchant, absolument instinctif, est aveugle, sans direction spéciale. Il y a là sûrement analogie évidente avec les penchants moraux, existant à l’état latent dans le cerveau de tout homme civilisé et qui ont suggéré aux métaphysiciens leur théorie des idées innées. Nous aurons à revenir sur cette analogie. Quant à présent, il nous faut continuer à

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