Lettres édifiantes, t. XV, p
4. IIuc, Empire chinois, t. II, p. 287. — Walkenaer, Essai sur l’histoire de l’espèce humaine, f. i\Q.
Lktoukneau. — L’évolution de la morale.
Jadis, SOUS la dynastie des Tsin et des ^Yeï (2:^0 à 240 après Jésus-Christ) on appliquait, en Chine, le sauvage système des responsabilités collectives, au point, par exemple, de mettre à mort toute la famille d’un criminel ‘ : ce grand pays a eu, comme les autres, son enfance. Plus anciennement encore, le système des mutilations était en vigueur : on coupait les oreilles, on fendait le nez, on marquait au visage, etc. Le code pénal actuel compte dix crimes capitaux : la révolte, le brigandage, l’abandon du pays natal, le parricide, le massacre d’une famille, le sacrilège, le manque de piété filiale, la discorde dans la famille, l’insubordination, l’inceste® ;mais, par une exception, pour nous étrange, si un condamné à mort a des parents infirmes ou âgés de plus de soixante-dix ans, n’ayant ni enfants ni petits-enfants au-dessus de seize ans, autre que le criminel, celui-ci peut obtenir de rester près d’eux pour les soigner L L’utilité et le respect des parents passent avant la justice.
Gomme dans l’Inde antique, et c’est encore un reste du passé, la gravité du châtiment varie parfois en raison inverse de la position du délinquant. Ainsi l’esclave ou le serviteur, qui frappe une personne libre, est puni d’un degré de plus que la peine ordinaire L S’ils ont osé frapper leurs maîtres, ils encourent la décapitation L Pour eux, le maître doit être une sorte de père et il y a peine de mort contre quiconque maltraite son père, sa mère ou ses grands-parents
La législation chinoise réprime des délits dont nous n’avons pas f idée en Europe, par exemple, celui de laisser sa terre inculte ; pour ce fait, on châtie même les chefs du village