Aulu-Gellc, Noctes, t. X, 23. — Plutarque, Romulus
est considérée comme un être dont il faut se méfier : « Celui qui se confie à une femme, dit Hésiode, se confie aux voleurs. ))
Ce profond dédain de la femme, signe de sauvagerie au premier chef, fait comprendre certaines mœurs antiques, qui nous surprennent, par exemple, le prêt de la femme, pratiqué d’ailleurs chez nombre de races sauvages. A Sparte, un vieux mari pouvait sans offenser la morale se faire suppléer par un jeune homme. Dans la vie de Cimon, Plutarque raconte que Callias, riche Athénien, étant devenu amoureux de la femme de Cimon, celui-ci la lui céda. Or, Cimon était un personnage renommé pour sa grandeur d’ameh Une femme féconde pouvait être cédée à un ami; c’est ainsi que Caton le Censeur prêta la sienne à son ami llortensius. D’autre part, il fallut arriver jusqu’à Justinien pour que l’on crût la femme digne d’avoir la garde de ses enfants.
Seules, les courtisanes apprenaient à chanter, à danser, à parler plusieurs langues; aussi les hommes, mariés ou non, recherchaient leur société, et l’on sait quel rôle important jouaient ces compagnes libres, les hétaïres, dans la société grecque. 11 n’est pas sans intérêt, pour nous, de remarquer que des mœurs analogues sont encore en vigueur au Japon.
Le mari, grec ou romain, pouvait avoir des concubines, et pendant bien longtemps le terme d’adultère ne s’appliqua qu’à la femme; ce qui est aussi très habituel dans les sociétés grossières. L’épouse antique était simplement un moyen d’avoir des enfants et le mariage des anciens était une institution purement civile, point du tout ce qu’en a fait le christianisme : un sacrement.
Avec le temps la législation relativement à la femme se