‹ L’évolution de la moraleChapitre 28 sur 372 · lUo de la Plala, p · texte numérisé non relu

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L'OniGINE DES PENCHANTS MORAUX.

animaux, afin de les utiliser, la besogne est bien plus facile. La seule chose difficile à obtenir alors, c’est l’obéissance.

Ün sait comment les maîtres fauconniers d’autrefois dressaient leurs élèves au moyen de leurres appropriés et de bons traitements. Là aussi il y avait des animaux de race. Ainsi certains faucons allaient jusqu’à rapporter le gibier pris par eux au vol*.

Aux Antilles, les limiers dressés par les colons européens à chasser les esclaves marrons ou les Indiens avaient retrouvé toute la férocité native des chiens primitifs. On les formait à l’aide de procédés manifestement imités de ceux des dresseurs de faucons. Ainsi, à Saint-Domingue, on commençait par les confiner dans un chenil grillé comme une cage. Dès leur jeune âge on avait soin de les nouri’ir surtout avec du sang d’autres animaux. «Quand ils commençaient à grandir, on leur montrait de temps en temps au-dessus de leur cage la figure d’un nègre tressée en bambou et bourrée à l’intérieur de sang et d’entrailles. Les chiens s’irritaient contre les barrières, qui les retenaient en captivité, et, à mesure que s’accroissait leur impatience, on rapprochait de plus en plus des barreaux de leur prison l’effigie du nègre. Cependant leur nourriture subissait de jour en jour une réduction. Enfin, on leur jetait le mannequin, et, tandis qu’ils le dévoraient avec une voracité extrême — cherchant à en tirer les intestins — leurs maîtres les encourageaient avec des caresses. De cette manière, leur animosité à la vue des noirs se développait en proportion de leur attachement pour les blancs. Quand on jugeait leur éducation complète, on les envoyait à la chasse.

» Le malheureux nègre n’avait aucun moyen d’échapper. A terre, il était poursuivi et déchiré en pièces ; s’il cherchait

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