Pausauias, I
3ii L’ÉVOLITION DE LA MORALE.
chyle, ne donneront jamais des droits à ce qui n’est pas juste. »
De bonne heure, un vilain côté de toutes les civilisations dégagées de la sauvagerie se développa dans le monde antique; je veux parler de l’amour de l’argent. Hésiode apostrophe déjà les princes qui vendent leur justice : « Songez-y, Rois ; mangeurs de présents, redressez vos sentences; un mauvais dessein, l’est surtout pour qui l’a conçu. » .\lcée déclare que « l’homme riche est un grand homme et le pauvre un misérable sans valeur » (VI). « Périsse, périsse, dit Anacréon, le premier qui aima ce vil métal. A cause de lui, plus de frères; à cause de lui, plus de parents ; Il engendre les guerres et les meurtres » (Ode XLVI).
Les sages et les législateurs protestaient aussi. Solon défendit de prêter à usure, c’est-à-dire à intérêt L Aristote llétrit aussi l’intérêt, « cette richesse née de la monnaie ellemême » (tgxoç, enfantement, usure) L Mais rien n’était plus étranger que ces sentiments à Caton l’ancien, qui considérait comme admirable de doubler son patrimoine^ Tout le monde heureusement ne lui ressemblait pas. Epaminondas rachetait des captifs, dotait des filles pauvres; Cimon distribuait des aliments, des vêtements. Pourtant, et c’est un point à noter, l’antiquité ne fonda point d’hôpitaux ; le premier hôpital fut créé à Rome, au iv® siècle par une dame romaine, Fabiola. En revanche, il y avait à Rome, des distributions de blé et d’huile; le sel se vendait à un prix nominal ; on distribuait des médicaments aux pauvres, etc.L
Voilà pour la morale pratique; les poètes et les philosophes ont, de leur côté, noté tout ce qu’il y avait de grand.